Reconversion professionnelle: 6 questions (1/2)

Reconversion professionnelle: 6 questions (1/2)

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Trouver du sens à son travail et de la satisfaction...Trouver du sens à son travail et de la satisfaction...

Un licenciement, un départ programmé ou une réorientation professionnelle sont des étapes qui nous invitent à nous poser les bonnes questions.

Le besoin de changer d’activité professionnelle peut apparaître à 30, 40, 50 ans ou même plus tard. L’élément déclencheur, le moteur de cette démarche peuvent évoluer en cours de route. Découvrir de nouvelles causes de changement réserve parfois de belles surprises.

Sommaire :



 

6 questions à se poser

Le travail est une mise en relation avec son environnement économique. La reconversion professionnelle interroge l’utilité de son travail, sa valeur et son poste idéal.

La reconversion professionnelle interroge aussi des éléments plus personnels comme la satisfaction et le bonheur que le travail procure, la motivation qu’il produit. Il est conseillé de commencer par ces questions.


 

Suis-je heureux au travail ?

Le manque de motivation, le désir de changer de poste, de métier peut provenir de l’absence de plaisir à réaliser des tâches demandées par l’entreprise. Ces tâches peuvent être répétitives, ennuyeuses ou ne pas valoriser une composante de notre individualité qui nous tient à cœur.

Ce phénomène pousse des entreprises à ne pas s’organiser uniquement par rapport à ce que les employés savent faire. Des entreprises se réorganisent en prenant en compte ce que les employés aiment faire. Prendre du plaisir à l’accomplissement de son travail est important pour être motivé et efficace. C’est un des leviers pour améliorer sa capacité de collaborer, sa productivité. Se lever le matin, sans avoir envie d’aller travailler, et se coucher le soir en ayant l’impression d’avoir perdu sa journée sont des signaux à prendre en compte. Ils peuvent conduire à une remise en question de notre rôle dans l’entreprise, dans la société et plus globalement une remise en question personnelle.


 

Suis-je encore motivé ?

A l’origine de la perte de motivation, il peut y avoir le sentiment de s’être engagé dans la mauvaise voie, sans avoir eu le courage de s’être donné l’opportunité d’en changer.

De sérieux doutes peuvent également surgir lorsque le métier exercé n’est plus perçu comme moyen de contribuer à son développement personnel. Parfois, nous n’occupons pas le bon poste. L’impression de ne pas évoluer ou d’avoir mis en sommeil ses ressources conduit peu à peu au désinvestissement, à l’ennui et progressivement à la perte de sens. Parfois également, le poste occupé n’est plus adapté aux souhaits d’évolution personnelle.

Aligner ses actions en conformité à ses aspirations et à ses valeurs est un moteur puissant pour retrouver sa motivation.La quête de sens est souvent citée comme fil conducteur des réflexions sur les changements professionnels. S’interroger sur la perte de sens de son activité professionnelle porte un questionnement riche. Pour qu’il soit fructueux, l’insécurité qu’il suscite doit être acceptée. Elle est porteuse du potentiel. Ce questionnement peut être mené individuellement, en groupe ou accompagné par un professionnel.


 

Quelle utilité a mon travail ?

L’utilité des tâches accomplies n’est pas toujours évidente à estimer:

  • Selon la théorie de David Graeber, une part importante des emplois dans l’économie développée sont des “Bullshit job”. Ils n’auraient pas d’autre utilité que de créer leur propre occupation. Si votre emploi fait partie des typologies identifiées par David Graeber (1), une reconversion s’impose.
  • Les modes de travail dans l’entreprise sont en mutation continue. Manufactures, Taylorisme, Kanban, Lean management, autant de changements qui ont modifié l’utilité des profils et leur reconnaissance dans l’entreprise. Dans ces conditions, il n’est pas facile d’estimer l’utilité de sa contribution.
  • Les chaînes de production s’allongent sur plusieurs continents. Les tâches sont morcelées et éloignées de milliers de kilomètres. Rares sont ceux qui en voient le produit final. L’employé de banque qui monte le dossier de crédit hypothécaire est localisé à des centaines de kilomètres du bien financé. Il n’assiste pas à la joie des clients qui y emménagent. Difficile pour lui de matérialiser l’utilité de son travail.

Si vous ne voyez pas d’utilité à votre travail, il est probable que votre employeur arrive à la même conclusion que vous. Si c’est le cas, votre travail peut être en risque, il est temps d’envisager une reconversion.


 

Quelle est la valeur de mon travail ?

Est-ce que je connais, reconnais la valeur de mon travail? Prendre conscience de ses qualités, expériences et succès professionnels n’est pas aisé. En parler est encore plus difficile. Cette évaluation, cette introspection peuvent être source d’inconfort. Plutôt que de se lancer, on peut alors préférer l’éviter. Cet exercice est nécessaire. Il estime ce que j’apporte et rapporte à l’entreprise qui m’emploie, à la communauté, à mon environnement. On oublie souvent de se demander ce que nous apporte notre travail.

La valeur de son travail n’est pas facile à estimer. Une première approche est de comparer son travail avec la manière dont un travail similaire s’exerce ailleurs, entreprise, ville, région, pays, continent. Les différences (résultats, qualité, produit, localisation, salaire…) permettent d’identifier des caractéristiques qui donnent une valeur spécifique à son activité professionnelle. Je dispose alors d’une liste d’activités qui me valorisent, à mes yeux et aux yeux de ceux qui m’entourent. A moi de choisir celles que je souhaite exercer, cultiver, améliorer.


 

Quel est mon poste idéal ?

Trouver le type de poste qui nous valorise est le produit d’une réflexion individuelle et originale. Elle prend en compte nos ressources personnelles et les compromis que nous consentons à faire. C’est le point de départ pour évoluer, se projeter vers l’avenir. Ajuster ses objectifs, s’en fixer des nouveaux est un processus itératif qui permet de préciser les caractéristiques du poste cible. Cet exercice est plus facile à réussir avec l’accompagnement d’un spécialiste.

La reconversion professionnelle exige parfois une formation supplémentaire. Elle peut représenter un investissement élevé. Néanmoins, la préparation mentale qui la précède est déjà une opportunité. Jalonner le chemin à parcourir peut transformer un obstacle en une belle aventure.


 

Devenir indépendant ou s’adapter ?

Ne plus trouver de sens à son travail, ne plus supporter sa charge de travail, être lassé de l’absence de reconnaissance, vouloir exercer sa passion, ou alors tout simplement vouloir aller de l’avant, se renouveler, il est alors temps de réfléchir, d’envisager sérieusement de changer de poste, de devenir indépendant ou de redevenir salarié.

La situation actuelle du marché du travail ne permet pas forcément une grande mobilité ni un changement radical. Notre choix peut alors se tourner vers une solution alternative, une adaptation plutôt qu’une révolution. Il s’agit alors d’ajuster son cadre de travail plutôt que de le remplacer.

Dans ce cas, l’enjeu est plutôt d’adapter le poste, d’ajuster ses relations professionnelles. Il s’agit de se réorienter plutôt que de se reconvertir, de changer de département au sein de l’entreprise, de limiter les pressions d’une hiérarchie pesante. De conjuguer l’agilité imposée par le management et les contraintes familiales… le champ des possibles est vaste. Si ce scénario se déroule dans la même entreprise, le facteur clef de succès est la communication avec sa hiérarchie et ses collègues. Se faire accompagner dans la démarche permet de roder son discours, clarifier son message, bénéficier de l’effet miroir qui amène à exprimer les changements à venir de manière positive.


 

Après les questions …

Se poser ces 6 questions, et commencer à y répondre, c’est se préparer à affronter le changement dans une logique d’ouverture. En plus du soutien de son entourage, il est alors possible de faire appel au coaching professionnel pour clarifier ses objectifs et préparer son avenir. Tel est le propos du prochain article de la série “Reconversion professionnelle : coaching”.

Notes:
(1) Les noms choisis pour les “bullshit jobs” selon David Graeber sont volontairement provocants : les “larbins” ou “faire-valoir”; les “porte-flingue” ou “sbires”; les “rafistoleurs” ou “sparadraps”; les “cocheurs de cases”; les “petits chefs” ou “contremaîtres”.
 
 

Notre Dossier : Reconversion professionnelle

Reconversion professionnelle : coaching (2/2)