J’ai fait le test de dépistage du COVID-19

J’ai fait le test de dépistage du COVID-19

- dans Santé - Famille
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Test Covid-19 aux HUGTest Covid-19 aux HUG

La semaine dernière j’ai eu des symptômes grippaux. J’ai craint d’être infectée par le COVID-19.
Je partage ici avec vous mon expérience sur le test de dépistage du coronavirus, que faire? comment? le premier refus de test, l’attente des résultats, l’après…

C‘est un sujet d’actualité qui devrait en rassurer plus d’un. Voici comment cela se passe…

Sommaire : 

 

Quels sont mes symptômes ? 

Au début de la première semaine de confinement il était important de bien faire ses provisions.  Je suis donc allée au supermarché d’à côté pour renouveler mon stock de produits alimentaires.
Les mesures de précautions y étaient bien prises : nombre de personnes dans le supermarché en même temps limité, désinfection des caisses après le passage de chaque client… Depuis, ces mesures se sont bien améliorées, mais elles étaient déjà rassurantes. Le comportement de certains clients était moins rassurant… 

J’avais presque terminé mes courses quand je croise un client sans masque qui tousse fort tout près de moi. Je file à la caisse et rentre à la maison. Le lendemain, au réveil,  j’ai mal à la tête, je tousse, je panique à l’idée d’avoir été infectée et je me sens même en détresse respiratoire.  Je décide alors d’aller faire le test COVID-19 .

 

Où faire le test de dépistage coronavirus? 

Je demande à mon entourage: où peut-on se faire dépister pour le COVID-19 à Genève?  mon patron m’indique qu’il faut aller à l’hôpital universitaire de Genève (HUG). J’arrive aux HUG et je vois une grande tente gonflable à gauche de l’entrée de l’hôpital, en face du parking Lombard. Elle a été mise en place pour les dépistages du coronavirus.

J’arrive à une première queue devant la tente où les personnes masquées côtoient les personnes non masquées.  Puis, après le premier filtrage par un vigile, je dois choisir entre deux files. Une file “toux ou fièvre” et une file “toux et fièvre“. 

 

Les étapes du test Covid

Entre les files “toux et fièvre” ou “toux ou fièvre“, je choisis “toux ou fièvre”. C’est la file juste avant le début de la prise en charge. Le sol est délimité par des marques pour s’assurer que chaque patient soit à 1 mètre de distance au minimum dans la file. Je note que la moitié des patients qui attendent ont plus de 60 ans.

Délimitations dans les files d’attente pour le dépistage

Au bout de la file j’arrive devant un premier arrêt : une infirmière me demande de me désinfecter les mains avec un produit hydroalcoolique mis à disposition et me donne un masque de protection respiratoire (du type masque chirurgical et non FFP2).  Puis elle me demande mes symptômes et me donne une feuille administrative à remplir avec un stylo (matériel désinfecté après chaque utilisation). Dans cette fiche de renseignements, je dois décrire mes douleurs, mes symptômes, mon historique médical, des précisions sur d’éventuelles insuffisances respiratoires chroniques. La feuille remplie, il ne me reste plus qu’à patienter dans la file.

Puis, j’arrive devant un deuxième arrêt : une infirmière récupère ma feuille et prend ma température. Elle me dirige alors vers un de ses collègues assis derrière un bureau d’appoint.  J’y suis presque, je vais enfin pouvoir voir le médecin. Le test est donc possible pour les résidents suisses comme pour les frontaliers! À l’arrière de la tente gonflable, des “box” sont aménagés pour les consultations des patients avec les médecins. 

Diagnostic coronavirus : pour qui?

Je présente mes symptômes au médecin. Il m’indique que ma fièvre n’est pas assez importante pour que je sois éligible au diagnostic du COVID-19. Il m’explique que le nombre de kits de diagnostics disponibles est limité et que les critères pour avoir accès aux tests changent tous les jours.
Le test est prioritairement prescrit sur les personnes qui cumulent les symptômes du virus de la grippe et une forte fièvre, les personnes de santé fragile, et celles avec des faiblesses respiratoires.

 

Si on m’a refusé le test que se passe-t-il? 

Le docteur me demande de rester confinée à la maison. L’hôpital donne un masque de protection chirurgical par personne vivant dans un foyer. On m’indique que l’hôpital va me contacter dans 48 heures. Si ma température s’empire, je dois appeler le numéro d’urgence mentionné dans la feuille de consignes de confinement qui m’a été remise.

Feuille de consignes pour confinement 1/2
Feuille de consignes pour confinement 2/2

 

48 heures plus tard, une stagiaire des HUG me rappelle. Elle confirme mon identité au préalable, puis pose des questions pour confirmer mes symptômes d’il y a deux jours. Enfin elle aborde l’évolution des symptômes. Comme mes symptômes de toux continuent, les HUG m’envoient alors un sms avec un lien Web pour une visioconférence avec un docteur.

Lors de la visioconférence, le docteur pose les mêmes questions sur l’évolution des symptômes. Son verdict : prolongement du suivi à distance, rappel d’un médecin dans les 48 heures.
Un jour après, mes symptômes s’empirent, ma fièvre monte à 38. Cette fois, je suis sûre d’avoir été infectée par le coronavirus. Je retourne à l’hôpital…

 

Comment faire le test COVID-19?

Pour cette deuxième fois, lorsque j’arrive devant cette tente des HUG, le parcours est plus rapide.
Cette fois-ci, je fais la queue dans la file “fièvre et toux”. Le processus est le même qu’il y a quelques jours : deux arrêts d’infirmiers et infirmières dans la tente pour enfin accéder au médecin dans le bâtiment des HUG. 

Je quitte donc la tente. Dans le bâtiment, une surprise m’attend:  je ne suis toujours pas éligible au test de diagnostic de la maladie COVID-19. Les critères du moment sont que les symptômes fiévreux doivent durer depuis au moins 7 jours. Ce n’est pas mon cas. Mais, compte tenu des échanges précédents (1ère visite, vidéoconférence), je suis finalement testée.

Le test débute avec un coton tige très long enfoncé profondément dans le nez. C’est peu agréable mais non douloureux. L’échantillon part au laboratoire et je dois m’armer de patience pendant quelques jours. Avant de quitter l’hôpital, on me redonne un masque chirurgical par personne vivant dans le foyer ainsi qu’une nouvelle feuille de consignes de confinement à respecter.

 

Après le test du coronavirus que se passe-t-il? 

Les médecins m’ont expliqué que les résultats du test me seront annoncés sous 48 heures maximum par téléphone. Que le test soit positif ou non, il m’est recommandé de rester chez moi pour un minimum de 10 jours afin de pour ne pas contaminer mon entourage. En attendant les résultats, on me préconise d’acheter du paracétamol 500 mg et de ne pas prendre d’ibuprofène. J’ai la chance de rapidement trouver une pharmacie ouverte. La vente y était limitée à une boîte de paracétamol par personne.

48 heures plus tard, les HUG me contactent par téléphone. L’infirmière au bout du fil reconfirme mon identité et m’annonce que mon cas le test coronavirus a eu un résultat négatif. Elle n’a pas d’autres questions ni de nouvelles recommandations si ce n’est celles déjà prodiguées à l’hôpital. Ainsi se termine mon suivi médical.

 

Et si le test est positif, que faire?

Les médecins m’ont dit que même si le résultat du test de dépistage COVD-19 est positif, et que l’on est infecté, en général, le virus passe seul avec beaucoup de repos pendant une durée moyenne de 10 jours…

 

Voici mon expérience. Surtout, si vous avez des symptômes sérieux, n’hésitez pas à aller vous faire tester, à dépister le COVID-19. Comme vous l’avez vu, on peut s’inquiéter, avoir des symptômes et, finalement, ne pas être infecté. C’est aux professionnels de décider si le test est à faire ou pas. Avec le temps, la pénurie de kits de diagnostic du coronavirus va diminuer. Avec les mêmes symptômes que moi, la probabilité que vous soyez testés devrait donc être plus élevée. Vous n’aurez pas à vous y reprendre par deux fois. Mais, comme moi, vous pratiquerez le confinement avec sérieux et, au supermarché vous serez un peu moins inquiet! 

Notre dossier sur la crise du Coronavirus:

Covid-19: chômage partiel et RHT

Taux change euro/franc suisse à l’heure du Covid-19

Coronavirus : the Mask should be back ! 

Coronavirus – aller travailler en Suisse

Coronavirus, Super Frontalier et double peine

Coronavirus: le déconfinement frontalier

 

 

 

 

Commentaires

  1. says:

    Dans cet article je partage avec vous mon expérience du dépistage du Covid-19.
    D’après mes lectures, j’ai été chanceuse de pouvoir me faire tester en Suisse…

    Comment cela se passe-t-il pour vous autres frontaliers qui êtes coincés en France ?
    Quelles sont les recommandations ?
    Est-ce aussi « facile » de pouvoir être pris en charge ?

  2. ana says:

    Une collègue dans une maison de retraite de Vaud vient de commencer, son employeur lui demande de faire un test Covid en urgence, elle le fait à Evian dimanche : 140€.
    Mieux vaut s’organiser !

  3. ana says:

    J’imagine qu’aux CHUV cela aurai été plus simple et moins cher, à voir

  4. Tutu says:

    J’ai ma nièce qui a eu tous les symptômes du corona toux fièvre etc…et son médecin lui a fait un arrêt mais elle ne pouvait pas se faire dépister c’est uniquement réservé pour les personnes très très fragiles…Ma nièce a 25 ans !

  5. L’achat à la Chine de 640 000 tests express qui se sont avérés insuffisants et pas aptes à détecter le coronavirus fait scandale en Espagne. Les autorités espagnoles ont admis s’être approvisionnées auprès d’un fournisseur chinois qui n’a pas fourni la marchandise requise. Résultat : Madrid doit immédiatement recommander de nouveaux tests car il y a urgence.
    J’espère que les européens vont à l’avenir produire chez eux plutôt que de se tourner vers l’Asie. Il faut remettre les européens dans des usines, produire du local, de la qualité, payés les gens de façon à ce qu’ils puissent en vivre, sans devoir compter sur des aides d’état. Nous, les humains oublions vite sans en tirer des leçons.