Coronavirus, the Mask should be back!

Coronavirus, the Mask should be back!

- dans Santé - Famille
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La Chine et Taïwan qui fabriquent à eux deux 80% de la production mondiale de masques, ont stoppé leurs exportations. Les masques manquent partout. Lors des précédentes crises virales,  le masque était un matériel basique. Avec la crise du Coronavirus (SARS-CoV-2), c’est devenu un matériel sensible.

Comment la Suisse et la France gèrent-elles cette pénurie?
Le frontalier pourra t’il bientôt en trouver en Suisse, en France?

Sommaire :

    • De la pénurie à la conservation…

      Aujourd’hui en France comme en Suisse, il n’y a pas assez de masques à la disposition des citoyens. L’arrêt des exportations depuis la Chine et la Corée n’arrange rien. Les couacs non plus, comme ces camions chargés de masques pour la Suisse, bloqués il y a deux semaines en Allemagne et en Italie.

      Les barrières aux frontières se referment, et chaque pays garde ses masques. Les états thésaurisent les leurs, comme les particuliers leurs paquets de pâtes!

      Le masque de protection, objet diplomatique

      Le 19 février 2020, le ministère des affaires étrangères communique : “Un Airbus A380 affrété par la France a décollé ce soir (…) à destination de Wuhan. Cet appareil transporte des équipements médicaux dédiés à la lutte contre le coronavirus (…). Ce fret de solidarité de 17 tonnes comprend notamment des combinaisons médicales de protection, des masques, des gants et des produits désinfectants.”

      Le 3 mars, le ministre de la Santé reconnaît que, la France avait cessé de renouveler ses stocks de masques FFP2 en 2011. Ce n’est que Fin février, qu’une commande mensuelle de 35 millions de masques FFP2 est passée. Ces fabrications demandent de 4 à 6 semaines de délai.

      le 18 mars, en retour de l’envoi de février, la Chine a livré à la France 1 million de masques, gants et combinaisons de protection.

      Gestions différentes de la pénurie

      Chacun des pays gère la pénurie selon sa culture.

      En Suisse, les hôpitaux et les professions de santé n’ont pas été impactés par la pénurie.  A Genève, on ressent un assouplissement du rationnement. Autour des hôpitaux de nombreuses personnes en portent. A l’entrée de la file de dépistage, un masque est remis et, le 19 mars à la sortie, c’est un masque pour chaque membre du foyer.
      La gestion de la pénurie relève de la logistique:

      • Pas de blocage de prix ni d’interventionnisme sur le marché des masques
      • La liberté de contracter réduit l’intervention étatique et les initiatives coercitives

      La France a subi des retards de livraison, des envois désorganisés qui semblent rentrer dans l’ordre pour le secteur hospitalier. Par contre des plaintes remontent du secteur médical qui reste démuni, en ville et en campagne, médecins comme infirmiers et soignants.
      La gestion de la pénurie est centralisée et dirigiste:

      • livraison du stock central avec consignes de rationnement
      • décret de contrôle de prix de vente
      • obligation de déréférencement du produit par les grands sites web de vente en ligne
      • communication et opérations de police contre les vendeurs de masques périmés

      Le bon sens ou le message des autorités?

      Pendant les précédentes crises virales il a été préconisé que l’émetteur de particules salivaire et le récepteur potentiel portent des masques. Quand les masques viennent à manquer, affirmer que le récepteur n’en a pas besoin peut paraître louable pour éviter la psychose. C’est dommageable pour la crédibilité de “l’expert médical”, car cela semble contradictoire avec la nécessité de maintenir une distance de sécurité insuffisamment respectée.

      En France, le message des autorités est simple: “pas besoin de masques pour les personnes saines”.

      En Suisse, le message est plus nuancé, c’est principalement parce qu’il manque des masques qu’ils sont réservés au personnel de santé, aux malades, et aux pharmaciens.

      Pour l’OMS, avec cette pandémie de covid-19, il y a une pénurie mondiale de masques, il faut en faire un usage rationnel et les utiliser avec parcimonie : “Si vous portez un masque alors que vous ne présentez pas de symptômes ou que vous ne vous occupez pas d’une personne contaminée, c’est du gaspillage”.

      Maintenant que nous sommes dépourvus, il faut en priorité réserver les masques aux malades et aux médecins, ce qui est bien normal. Voilà qui est plus clair et compréhensible par la population…

       

      Comment utiliser les masques ?

      La durée d’utilisation des masques (qu’ils soient chirurgicaux ou FFPx) est de quelques heures. Il est donc nécessaire de les changer régulièrement. Les masques sont à usage unique. Selon leur type le temps de protection varie de 3 à 8 heures.

      Une fois le masque mis en place, il ne doit plus être touché et être remplacé dès qu’il est souillé ou mouillé. Après utilisation, jetez-le en le manipulant par les fils. Enfin bien sûr, veillez à bien le positionner sur le visage pour éviter les fuites.  Surtout, n’oubliez pas le “geste barrière”  fondamental : lavez vous les mains avec du savon au moins pendant 30 secondes.

      Où trouver des masques ?

      Dans les deux pays, avant les symptômes la pharmacie est la seule solution fiable. Si vous êtes diagnostiqué malade, allez dans les officines avec une ordonnance. Mais comme vous le savez, il manquent partout pour les particuliers, surtout non identifiés comme contaminés.

      Sur internet, on peut sans crainte parler de spéculation depuis l’explosion de la demande. Des dizaines de sites plus ou moins frauduleux ont été créés pour l’occasion. S’y mélangent allègrement les normes et les matières. Les fautes d’orthographe elles, sont toujours comprises dans le prix…

      Au passage, signalons une moindre pénurie pour le gel. Des pharmaciens en produisent artisanalement, c’est assez simple quand on trouve les ingrédients. Même le géant du luxe LVMH s’y attelle lui aussi et fournit gratuitement des hôpitaux!

       

      Quels modèles de masques pour le particulier?

      En France ou en Suisse, les autorités sanitaires conseillent les mêmes types de masques:

      Le masque chirurgical (norme NF EN 14683, durée d’utilisation de 3 heures), est malgré tout recommandé, faute de mieux, aux patients qui présentent des symptômes. Ce masque “anti-projection” piège les gouttelettes de salive d’un malade et limite la propagation du virus. Mais il ne protège pas une personne saine de toute contamination, et peut laisser passer de l’air mal filtré.

      Le masque filtrant (durée d’utilisation 8 heures) est bien un masque qui filtre l’air. Il est classé en 3 catégories selon le niveau de filtration : FFP1, FFP2 et FFP3. Le masque filtrant de niveau 2, FFP2, est le minimum  recommandé contre le coronavirus. Le personnel soignant, ainsi que les proches de patients contaminés doivent les porter. Ce sont ceux qui offrent la meilleure protection contre les agents infectieux.

      Le masque anti-pollution protège des particules fines dégagées par les pots d’échappement est totalement inutile en cas d’épidémie.

      Les masques types N95  bien adapté aux travaux de peinture et de bricolage, ont une apparence de protection sérieuse et professionnelle. Ils sont hélas inefficaces dans le rôle de protection anti-virale.

       

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      Avec le manque de masques : les modèles “exotiques”

       

       Les modèles “exotiques”, à défaut de masques, le frontalier peut décider de débrouiller lui-même, de bricoler. Certains ajoutent aussi des visières contre la projection de salive. Ils font du “tuning” de protection et échangent leurs avis avec des “tutos” qui fleurissent sur le web. Les uns préconisent le coton (qui pourtant absorbe l’humidité), les autres n’envisagent que le synthétique, voire la polaire! Ils sont convaincus que c’est mieux que rien. Sérieusement, ce D.I.Y (“Do It Yourself”) est totalement déconseillé de part et d’autre de la frontière

      And the winner is ?

      Avec  les dragons asiatiques: Taïwan, la Corée du sud, Singapour et les territoires chinois de Hong-Kong et Macao l’efficacité est au rendez vous. Les mesures radicales ont été prises au plus tôt. Ces pays et territoires ont su anticiper la croissance exponentielle du virus, mobiliser les moyens nécessaires et imposer des mesures très fortes, à la limite de la coercition. Le résultat est bien là, l’épidémie du 2019-nCov est ralentie. Et parmi les mesures de la Corée du Sud, il y a la distribution d’un masque par habitant par jour

      Que le masque revienne vite!

      État d’urgence ou stade 3, la vie quotidienne se complique pour les frontaliers. Ceux qui ne bénéficient pas du télétravail sont en première ligne avec un risque de contact avec le virus. Et ceux qui ne travaillent pas dans le secteur médical, communiquent avec la clientèle sans masque !

      Espérons que les mesures prises par les autorités pour la fabrication de masques en très grande quantité, portent très vite leurs fruits. En France, en plus des fabricants habituels débordés, des entreprises privées réorientent leurs moyens de production pour fournir des millions de pièces. Rien que pour le personnel soignant il en faudrait 30 à 40 millions par mois. L’Armée puise maintenant dans ses stocks et livre ses masques chirurgicaux aux hôpitaux.

      Avec de la réussite et du temps, le symbole “Masque = Malade” se transformera alors en “Masque = Prévention”. Ce sera tout de même plus rassurant.

      Mais aucun signe de distribution élargie de masques ne pointe à l’horizon français ou suisse, même si les autorités annoncent la disponibilité de millions de pièces dans les heures qui viennent. Néanmoins les images sur les réseaux nous montrent maintenant davantage de masques en ville. Attendons encore un peu avant de pouvoir affirmer “The Mask is back!”

      Des articles sur ces sujets :

      Coronavirus, double peine pour les frontaliers?

      J’ai fait le test de dépistage du Covid-19

      Taux change euro/franc suisse à l’heure du Covid-19

      Covid-19: chômage partiel et RHT

Commentaires

  1. Hibou says:

    Très intéressant et informatif article. Je ne me prononce pas sur le cas de la Suisse mais sur le cas de la France cette affaire me met hors de moi par tant de négligence, de non prevoyance, et de non connaissance des règles les plus élémentaires de l’économie…
    Ou sont passés les stocks de FFP2 en particulier à part à la poubelle et non recommandé: il y en avait 720 millions en France en février 2009


    Bref tout est dit dans ce titre:

  2. ne pas oublier hibou que la production de masques a été stoppée en 2011 par decision gouvernementale
    et non pas en 2020,et qui était au gouvernement à cette époque? malgré que macaron ne soit pas mon copain, il faut rendre à cesar ce qui appartient à cesar…

  3. Hibou says:

    Possible, mais les autres gouvernants français ont eu largement le temps depuis 2011 de réparer l’erreur. De plus de quand date la commande de la France de plusieurs millions de masques alors qu’il faut 4 à 6 semaines de délais et que les chaines de production sont saturées et que très certainement c’est bien en retard par rapport à des commandes d’autres états? Je n’ai pas la date exacte mais c’est vers mi-février - 24 février…

    Enfin les plus étatistes seront contents de mesures de cet ordre, mais un industriel voulant protéger ses salariés qui commande et s’expose à voir sa commande saisie, cela ne l’encourage pas à commander (source LaTribune)…

    l’Etat peut désormais saisir tout ou partie des importations de ce type de produits, selon un décret paru samedi au Journal officiel. « Des stocks de masques importés peuvent donner lieu à réquisition totale ou partielle jusqu’au 31 mai 2020 » , a précisé ce texte. Le ministère de la santé devra prendre cette décision dans les « soixante-douze heures après réception d’une demande d’importation » .

  4. Hibou says:

    Il est bien évident que la mesure précédente nouvelle s’ajoute à la mesure déja effective suivante:

    Déjà autorisé à réquisitionner les masques de protection respiratoire stockés ou produits en France…