Assurance LAMal Frontalier 2020: encore une baisse de tarif

Assurance LAMal Frontalier 2020: encore une baisse de tarif

Les tarifs de la LAMal Résident et de la LAMal FrontalierLes tarifs de la LAMal Résident et de la LAMal Frontalier évoluent en sens opposés

 

mise à jour le 24/09/2019/

Chaque automne, les assureurs suisses publient les tarifs de la LAMal Résident (réservée aux personnes qui habitent en Suisse) et de la LAMal Frontalier (réservée aux personnes qui habitent en France et qui travaillent en Suisse).
Cette publication fait grand bruit dans les média car, année après année, les tarifs ont tendance à augmenter pour les résidents.

Pour les frontaliers, c’est l’inverse!

Pour 2020, les tarifs pour les frontaliers baissent encore. Comment cela s’explique? 

Sommaire:

La baisse du prix de l’assurance maladie des Frontaliers

De 2012 à 2017, l’assureur le plus compétitif du marché pour les frontaliers, n’a pas augmenté le montant à débourser pour l’assurance santé de base. Mieux même, en 2020, pour la troisième année consécutive, il baisse sa tarification. Après la baisse de 4.71 % enregistrée en 2018, les assurés LAMal Frontalier ont bénéficié pour 2019 d’une nouvelle réduction de prime de 11.66 %.

Pour 2020, la prime baisse encore de 18.13%.

Au total en 3 ans, ces baisses de coûts cumulés représentent pour les assurés, une économie annuelle de 1’249.20 CHF (dont 613.20 CHF pour l’année à venir).

 

Cacophonie à la pause café, LAMal ou CMU?

Pour le nouveau frontalier qui n’a pas encore fait son choix d’assurance maladie, entre LAMal et CMU,  c’est la cacophonie à la pause-café :

      • d’un côté, ses collègues résidents sont agacés avec la hausse du coût de leur assurance maladie suisse.
      • de l’autre, des collègues frontaliers sont heureux d’avoir « échappé » à la CMU et de bénéficier d’une baisse de prime en 2018, en 2019 et maintenant en 2020.
      • d’autres encore, au salaire plus faible, sont satisfaits d’être à la CMU mais voient s’approcher le seuil de salaire à partir duquel la LAMal coûte moins cher que la cotisation CMU.

Pourquoi le coût de la LAMal Résident monte-t-il continuellement?

La Suisse est l’un des pays du monde où les salaires sont les plus élevés. La rémunération des professionnels de santé n’y échappe pas. En moyenne à Lausanne ou Genève, le prix d’une consultation chez le médecin généraliste tourne autour de CHF 150.- Cette rémunération est codifiée par le TARMED (TARif MEDical) depuis 2004. Régulièrement, ses ajustements font l’objet d’âpres discussions entre les autorités fédérales et le corps médical.

Par ailleurs, l’utilisation des médicaments génériques se développe trop lentement. Leur part d’utilisation reste faible (seulement 17 % des médicaments prescrits). A titre de comparaison, l’utilisation des génériques en France s’élève à 33 % et en Allemagne à 75 %. Bien que les médicaments originaux sont très onéreux en Suisse, ils y restent considérés comme la norme en Suisse et ils contribuent à la hausse des dépenses de santé.

Comme d’autres pays européens, la Suisse n’échappe pas au vieillissement de sa population qui a donc besoin d’une plus grande consommation de soins. Or, en Suisse, le mode de financement de l’assurance maladie est le système de la répartition. Les primes encaissées sont immédiatement affectées au paiement des prestations. Si la quantité de prestations augmente, alors mécaniquement le volume des primes d’assurance maladie augmente.

Les techniques innovantes et l’appareillage médical de pointe ont également le vent en poupe. Ils sont poussés par l’installation de nouveaux cabinets spécialisés. Ces techniques novatrices sont chères et contribuent à l’inflation du coût des soins et donc, à l’augmentation du montant des primes de l’assurance maladie.

Pourquoi la LAMal Frontalier baisse à nouveau en 2020?

Après 6 ans de stabilité, comme cela est commenté dans le Forum des frontaliers, la LAMal Frontalier poursuit en 2020 sa baisse entamée en 2018. Ces ajustements à la baisse s’expliquent par le fonctionnement même de la LAMal Frontalier. En effet, les assurés frontaliers peuvent se faire soigner aussi bien en Suisse qu’en France. Or, à chaque fois qu’un assuré frontalier se fait soigner en France, l’assureur maladie suisse réalise une « économie » car l’écart est grand entre le coût des soins en France et le coût des soins en Suisse. A titre d’exemple, côté français, une visite chez un généraliste coûte 25 € contre CHF 150.- du côté suisse!

Par ailleurs, l’assuré-type en LAMal Frontalier est un homme âgé de 25 à 45 ans. Comparée à l’ensemble des assurés, cette population consomme moins de soins. Le travailleur frontalier suisse est donc « un bon risque » à assurer !

Les actuaires des compagnies d’assurance santé ont pu déterminer le ratio prime / prestations qui permet de facturer le juste prix à cette catégorie d’assurés. Car rappelons-le, un assureur LAMal n’a pas le droit de faire des bénéfices avec l’AOS (Assurance Obligatoire des Soins). Il doit simplement calculer un montant de prime suffisant pour payer les prestations, constituer une réserve en cas d’imprévu et couvrir ses frais de fonctionnement ( salaire du personnel, locaux, etc…).

Les gagnants de la LAMal Frontalier

A partir d’un salaire brut annuel de CHF 50’000, le coût mensuel de la LAMal Frontalier et celui de la CMU sont très proches. Il convient de comparer les coûts des assurances maladies CMU-LAMal.
A partir de ce palier de salaire mensuel de CHF 4’200 brut, s’assurer en LAMal Frontalier présente de nombreux avantages :

      • Bénéficier d’une augmentation de salaire n’entraîne pas de hausse de la prime d’assurance maladie car le coût de la LAMal n’est pas lié aux revenus. Alors que la CMU a une cotisation qui dépend de votre salaire. Avec la CMU, plus vous gagnez, plus votre cotisation est chère.
      • Accéder aux soins en Suisse grâce à la LAMal n’est pas un luxe lorsque l’on habite dans un « désert médical » côté français (le Pays de Gex par exemple). La CMU ne vous permet que de vous faire soigner en France.
      • Percevoir des revenus fonciers ou de l’épargne ou encore débloquer son 2ème pilier n’a aucune incidence sur la prime LAMal à payer alors que l’arrivée de ce type de revenus fait directement augmenter le coût de la CMU

Les démarches d’affiliation à la LAMal Frontalier

Une fois que l’on a identifié son intérêt à choisir la LAMal Frontalier, il reste à finaliser son affiliation.
Quelle que soit votre situation, n’hésitez pas à contacter notre partenaire Helvicare qui vous guidera dans le choix de votre système d’assurance maladie et vous accompagnera tout au long des démarches administratives entre la Suisse et la France. Sans un support, ces démarches peuvent être fastidieuses!

 

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Commentaires

  1. says:

    Le tarif retraite est plus eleve que le tarif actif​:stuck_out_tongue_winking_eye:

    C est surement l assurance accident

  2. says:

    Espérons que beaucoup de frontaliers ne vont pas suivre les conseils du CDTF en allant se soigner en Suisse car dans ce cas les primes vont reaugmenter psuiqu'ils consommeront des soins payés bien plus cher qu'ils ne le seraient en France.

  3. says:

    334 CHF en 2015, 230 en 2020, la barre symbolique des 100 balles de ristourne vient d'être franchie. Je m'attendais à une baisse, mais pas aussi fulgurante. 30% en 5 ans, la France devrait s'interroger, elle qui cherche sans cesse de nouvelles ponctions avec plus ou moins de réussite.

    Avec des tarifs comme ça, la CMU n'est plus compétitive du tout. Il n'y a pas à chier, Marie-Sotte était une visionnaire hors pair. Et pourtant elle avait embauché toute une armée qui a pondu rapports sur rapports, qui indiquaient tous que la manœuvre allait être fructueuse.

    Ce qui est stupéfiant, c'est qu'une très grosse partie des frontaliers avaient tout de suit senti que ce plan allait se terminer en Epic Fail pour la sécu française. L'IGAS aurait dû désigner des frontaliers pour pondre des analyses. On aurait fait 1000 fois mieux, et nous aurions probablement coûté moins cher.

  4. says:

    Une petite remarque à propos de ces taux de converson:
    un taux de conversion 6.8 % signifie que les assurances de second pilier estiment que ton espérance de vie moyenne est de 100 / 6.8 = 14.7 années. Autrement dit, un retraité suisse doit donc espérer vivre en moyenne 14.7 après son départ à la retraite qui est à 65 ans, soit donc 79.7 ans.

    En France, si le taux est de 5.5, cela signfie que ton espérance de vie est de 18.18 ans. Or en France on passe à la retraite à 62 ans. Ton capital retraite devra donc suffir en moyenne jusque 80.8 ans.

    Il me parait logique et juste que le taux de conversion soit plus bas pour un age de départ à la retraite plus bas. D'ailleurs en Suisse, pour un départ anticipé à la retraite, ce sont les mêmes calculs et la même logique qui s'appliquent.