Rapatriement de salaire, les résultats de l’enquête Monito sur le Forum Frontalier

Rapatriement de salaire, les résultats de l’enquête Monito sur le Forum Frontalier

- in Taux de change
9

Le gouvernement français n’est pas le seul à s’intéresser aux milliards que rapatrient chaque année les frontaliers, les banques françaises et suisses s’y intéressent également comme le montre l’enquête effectuée par Monito auprès des frontaliers.

Suite à l’article de mars 2016 sur le rapatriement de salaires frontalier et les différentes options pour le faire (banques françaises et suisses, bureaux de changes, solutions en ligne, etc.), Monito (ex-TawiPay), le comparateur des solutions d’envoi d’argent à l’étranger basé à Lausanne, a mené une enquête approfondie auprès des membres de notre forum ainsi que d’autres réseaux frontaliers, sur les habitudes des frontaliers par rapport au rapatriement de salaire entre la Suisse et la France.

Que nous apprennent ces chiffres ?

Le critère le plus déterminant pour le choix d’un service de transfert d’argent pour les frontaliers est le coût

La priorité communiquée par les frontaliers pour choisir leur service de rapatriement de salaire est le coût total de la solution (frais de transfert et marge sur le taux de change) pour 58% des frontaliers qui ont participé à l’enquête, vient ensuite en deuxième position la simplicité d’utilisation du service (30%), et en troisième position le temps de transfert (7%).

Untitled design (2)

Trois-quarts des frontaliers rapatrient entre 2500 et 10000 CHF par mois

47% des frontaliers rapatrient entre 2500 CHF et 5000 CHF par mois, et 20% entre 5000 CHF et 7500 CHF par mois.
Ce sont des grands montants et si on définit arbitrairement le salaire médian du frontalier à 5000 CHF par mois on en déduit que plus de 50% du salaire est rapatrié tous les mois pour 75% des frontaliers.

La méthode principale de transfert d’argent à l’international est le transfert bancaire

La méthode de rapatriement la plus populaire est le transfert bancaire pour 74% des frontaliers. Les autres frontaliers utilisent en même proportion le change en cash (12%) ou les opérateurs de transfert spécialisés (12%).

Ce résultat est surprenant, car il est en opposition avec le chiffre précédent qui mettait en avant le coût comme critère déterminant pour choisir sa solution de transfert. Bien qu’une majorité de frontaliers souhaitent choisir la solution la moins chère, les trois quarts des frontaliers utilisent leur banque alors que selon les chiffres récents relayés par Bilan et l’Agefi, elles seraient rarement les solutions d’envoi les plus économes.

Premièrement les personnes interrogées, bien qu’elles affirment le contraire, préfèrent au final choisir une solution familière en passant via une banque, service avec lequel elles ont déjà établies une relation de confiance.

Deuxièmement, il est possible que ces personnes n’aient pas conscience des coûts cachés payés à leur banque. Comme le rapporte Monito par son échange avec le service client d’une grande banque, la transparence et la gratuité ne sont pas toujours au rendez-vous. Il faut savoir qu’en 2014 la masse salariale annuelle suisse des frontaliers français dépassait les 10 milliards de francs suisses. C’est donc un potentiel de revenu important.

Très peu de frontaliers comparent les frais et les taux de changes des différents services

35% des frontaliers interrogés n’ont jamais comparé les frais des différents services et seulement 11% le faisaient avant chaque transfert. Au final, les participants de l’enquête comparent rarement la marge sur le taux de changes et les autres frais cachés effectivement prélevés par leurs banques, ce qui évite aux banques d’être mis en compétitions directes avec les solutions concurrentes.

Pour aider la communauté des frontaliers, Monito a fait des recherches additionnelles pendant plusieurs mois sur toutes les solutions de rapatriement, leurs coûts réels, commissions, marges, taux de change CHF/EUR appliqués, et ils ont compilé tout leur résultat dans un guide sur les solutions de rapatriement de salaire. Le guide est gratuit et il compare et liste toutes les solutions disponibles aujourd’hui avec leurs avantages et inconvénients.

Monito continue à collecter des retours d’expérience sur les différents services et leurs coûts. Si vous avez des informations supplémentaires n’hésitez pas à les contacter par leur site pour rendre le guide plus utile à la communauté des frontaliers.

Vous trouverez tous les résultats de l’enquête dans l’infographie ci-dessous.

Commentaires

  1. Nous savons que les frontaliers français sont environ 170’000.

    Dans l’article, il est dit que la masse salariale des frontaliers français est de 10 milliards de CHF.
    Plus bas, il est dit que les frontaliers travaillant en Suisse romande sont au nombre de 120’000 et qu’ils transfèrent annuellement 1.7 milliard de CHF.

    Il manque donc 8.3 milliards (une paille).
    Alors soit les 50’000 frontaliers travaillant dans les autres cantons gagnent des fortunes, ou alors les 120’000 travaillant en suisse romande stockent des milliards sur des comptes suisses.
    Ou alors, j’ai mal compris.

  2. Avatar for jpm jpm says:

    oui c’est plutot cela…vous ajoutez des sommes non ajoutables.
    vous comparez les sommes gagnées (masse salariale) et les sommes transférées (rapatriées).

    perso, je rapatrie en France entre 7 et 12% des sommes CHF gagnées…

    pourtant je ne stocke pas, je rembourse des emprunts en franc suisse (à taux zéro (vive le libor).

  3. Pour compléter ce qu’indique jpm, la « masse salariale » est selon sa définition la somme des rémunérations brutes des salariés.

    Bien que l’imposition et les charges soient faibles en Suisse, on peut estimer que pour 10 milliards de masse salariale il n’y a que 8 milliards de réellement « transférables » (si on prend par exemple 15% charge + 5% pour la partie des sommes imposées à la source des frontaliers dans cette situation).

    Mais effectivement, la différence reste importante je vous l’accorde.

  4. moi aussi, en les transférant en France.

  5. C’est OK de dire que les banques sont les plus chères pour le change, mais de combien ?
    Bref, c’est pas très incitatif pour changer de pratique si on sais pas si le jeu et le risque en vaut la chandelle …

Participez à la discussion sur forum.frontaliers.io

4 more replies

Participants