Système scolaire suisse: fonctionnement et spécificités

Système scolaire suisse: fonctionnement et spécificités

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comment s'organise le système scolaire suisse?Savez-vous comment s'organise le système scolaire suisse?

La Suisse propose un système éducatif assez proche de celui qu’on trouve en France. Pourtant les étapes et les appellations diffèrent. Au final l’étudiant ou ses parents se retrouvent souvent perdus face à ce système.

Ce dossier présente en détail le fonctionnement et les spécificités du système éducatif suisse. Il soulignera les correspondances et les différences du système suisse avec le système français. Il intéressera particulièrement l’expatrié qui va bientôt s’installer dans la région , le frontalier qui souhaite faire suivre le système scolaire suisse à ses enfants, le résident suisse avec des enfants qui a pour projet de s’installer en France, l’étudiant qui souhaite bénéficier d’équivalences et le nouvel arrivant qui souhaite comprendre le cursus de ses collègues pour mieux s’intégrer dans sa nouvelle équipe.

Les questions:

  • Quelles sont les équivalences de niveau entre la France et la Suisse?
  • Quelles sont les différences cantonales concernant l’éducation suisse?
  • Quelles études puis-je faire avec une maturité?
  • Puis-je intégrer une école supérieure en Suisse?

Toutes ces questions trouveront leurs réponses dans notre dossier!

Sommaire:

Les points particuliers du système éducatif suisse

Une scolarité gratuite et laïque

La scolarité est gratuite et laïque dans les écoles publiques. En Suisse, 95% des élèves font leur scolarité obligatoire à l’école publique, 5% fréquentent une école privée contre 22% en France en 2017. Les écoles privées en Suisse sont très chères (de l’ordre de 20’000 chf par année en moyenne) en comparaison aux écoles privées en France.

La scolarité suisse se caractérise par un équilibre entre la sélection qui a lieu très tôt et la multiplication des passerelles qui permettent de bifurquer en cours de route. La formation professionnelle très développée assure de l’adéquation du système avec les besoins du monde du travail. Enfin, son effort sur les langues correspond bien à la réalité d’un pays avec plusieurs langues nationales et d’une économie ouverte. Alors que l’efficacité du système scolaire français est actuellement fortement remise en question, c’est d’actualité de le comparer avec le système scolaire suisse.

Une compétence principalement cantonale

En Suisse, l’éducation relève principalement de la compétence des cantons, notamment la scolarité obligatoire.
Les systèmes scolaires varient donc d’un canton à l’autre, c’est pourquoi on considère qu’il n’y a non pas 1 mais 26 systèmes éducatifs.

Depuis 2006 et la votation en faveur de l’uniformisation, la Conférence suisse des Directeurs cantonaux de l’Instruction Publique (CDIP) a mis en place un nouveau concordat, le projet HarmoS, entré en vigueur en août 2009.

Le concordat HarmoS

Ce concordat a apporté quelques modifications au système éducatif, comme :

      • Obligation d’inscription à l’école enfantine durant 2 ans dès que l’enfant atteint l’âge de 4 ans ;
      • Le degré primaire (qui comprend l’école enfantine) durera désormais 8 ans, et le degré secondaire I, 3 ans ;
      • Introduction de temps de présence hebdomadaire obligatoires (horaire bloc) : les enfants du degré primaire doivent être présents en classe au minimum 3h30 durant 5 matinées par semaine. A cela, s’ajoutent une à quatre après-midi ;
      • Introduction de standards nationaux pour la scolarité obligatoire et vérification du niveau scolaire atteint : standards de contenus de formation, de performances par discipline.
Schéma général du système éducatif en Suisse
Schéma général du système éducatif en Suisse
Schéma général du système éducatif en Suisse

La scolarité obligatoire en Suisse

La scolarité obligatoire en Suisse s’étend sur 11 ans.

Elle commence à 4 ans avec l’école enfantine. À six ans, il reste à l’enfant six années d’école primaire (Cycles élémentaire et moyen). Ensuite vient le Secondaire I (Cycle d’orientation en Suisse romande) pour une durée de 3 ans, sauf dans le Tessin où la durée est de 4 ans.

 

Degré primaire et secondaire en Suisse

Table de conversion des degrés scolaires selon Harmos

Degré primaire : école enfantine  et cycle élémentaire

L’école enfantine accueille les enfants à partir de 4/5 ans. Les cycles élémentaire et moyen vont de la 1re à la 8e année scolaire, ils sont suivis du degré secondaire I, qui dure trois ans et va de la 9e à la 11e année scolaire.

A l’exception de quelques cantons germaniques qui n’ont pas encore ratifié le projet HarmoS, les deux années d’école enfantine sont obligatoires dès que l’enfant a atteint l’âge de 4 ans.

Les horaires sont fixés par l’école et ne sont en général pas très flexibles. Ainsi il n’est pas rare que les enfants n’aient classe que quelques heures par jour.
A partir du cycle moyen les disciplines sont généralement les suivantes :

      • Mathématiques et sciences naturelles
      • Sciences humaines et sociales: géographie, histoire, éthique, religions
      • Musique, arts visuels et activités créatrices
      • Education physique
      • Langues: langue de scolarisation, langues étrangères (une deuxième langue nationale et l’anglais).

Les langues sont un point fort du système d’éducation Suisse. L’écolier est très tôt familiarisé avec au moins deux nouvelles langues qui viennent s’ajouter à la  langue de scolarisation. Cet effort se poursuit tout au long de la scolarité et prépare le choix ultérieur des filières bilingues.

Pour s’inscrire à l’école publique, il faut au minimum :

      • Un certificat de naissance ou livret de famille
      • Une attestation de d’assurance santé
      • Un permis de résidence

Degré secondaire I

Le degré secondaire I suisse suit le degré primaire. Les élèves qui entrent au degré secondaire I ont en général 12 ans. L’enseignement est délivré selon  niveaux de performance. La sélection est plus ou moins marquée selon le modèle choisi au niveau local. Le modèle avec filières d’exigences regroupe les élèves selon leur performance. Le modèle intégré n’applique pas de sélection. Le modèle coopératif est intermédiaire avec des regroupements par performance pour quelques matières.

Le regroupement assumé des élèves par niveau d’aptitude et l’orientation par la performance est une des caractéristique du système Suisse. Elle implique qu’à la fin du degré primaire, les niveaux  soient évalués. Par conséquent, un examen est requis à la fin du degré primaire pour mesurer les aptitudes au passage au degré secondaire I.

Les disciplines suivantes sont enseignées au degré secondaire I:

      • Langues: langue maternelle et langues étrangères (2e langue nationale et anglais obligatoires ; 3e langue nationale en option)
      • Math
      • Biologie
      • Chimie
      • physique
      • Géographie
      • Histoire
      • Musique ou autres activités créatives
      • Sport
      • Économie familiale
      • Préparation aux choix scolaires et professionnels

D’autres matières s’ajoutent pour élargir le bagage de l’élève : technologies de l’information et de la communication, développement durable, éthique, religion, etc.

Scolarité post-obligatoire en Suisse

Scolarité post-obligatoire en Suisse

Degré secondaire II

Le degré secondaire II en Suisse suit l’école obligatoire. Les élèves terminent le degré secondaire II vers 18/19 ans avec succès pour plus de 90% des jeunes. Le degré secondaire II est structuré en deux voies, la formation professionnelle et la formation générale. La voie de formation générale (les écoles de maturité gymnasiale et les écoles de culture générale) prépare aux filières d’études du degré tertiaire mais ne prépare pas à la pratique concrète d’un métier.

La formation professionnelle initiale – l’apprentissage

La formation professionnelle initiale suisse est choisie par la plupart des jeunes au sortir du degré secondaire I. Elle s’effectue principalement par le système dual : une partie du temps en entreprise, l’autre partie en cours théorique. Mais elle peut aussi prendre la forme de cours théoriques à temps plein.

Ce qui distingue le système de formation professionnelle suisse d’autres systèmes européens c’est :

      • Il se fait principalement en milieu professionnel plutôt qu’en  milieu scolaire
      • Le nombre de professions au choix est élevé (plus de 250 professions)
      • Les qualifications professionnelles sont acquises dés le degré secondaire alors que dans d’autres pays c’est au cours du degré tertiaire
      • Ce n’est pas une impasse, muni de son CFC (certificat fédéral de capacité), l’élève peut poursuivre vers des études supérieures

Le système dual

En matière de formation professionnelle initiale, c’est le système dual qui est le plus fréquemment utilisé :  pratique sur 3 ou 4 jours en entreprise et théorie d’1 ou 2 jours en école professionnelle.  En France on dit « étudier par alternance ». A cela s’ajoutent des cours inter-entreprises pour approfondir des compétences professionnelles spécifiques à la pratique.

Cette formation, c’est l’apprentissage dont  s’enorgueillit la Suisse et que la France commence à développer. Elle permet d’acquérir un savoir-faire et le pratiquer immédiatement après la formation tout en touchant un salaire !

La formation professionnelle en école

D’autres offres de formation professionnelle initiale sont réalisées avec des formations en école. C’est plus fréquent en Suisse romande et en Suisse italienne qu’en Suisse alémanique. Cela s’applique principalement aux écoles de commerce, aux écoles d’informatique.

La formation générale suisse

Les écoles de culture générale

Les écoles de culture générale permettent de retarder le choix entre la spécialisation professionnelle et la poursuite des études académiques. Cette formation générale vient intercaler ses diplômes (certificat d’école de culture générale, maturité spécialisée) entre la maturité professionnelle et la maturité gymnasiale.

Les écoles de maturité gymnasiale

Les écoles de maturité gymnasiale préparent à la poursuite des études dans les filières du degré tertiaire comme les hautes écoles universitaires. Ces écoles sont implantées dans chaque canton. Elles sont reconnues par la Confédération et le canton.

Degré  tertiaire

Le degré tertiaire suisse se compose de hautes écoles ou de la formation professionnelle supérieure.

La formation professionnelle supérieure est destinée à des élèves ayant réussi une formation professionnelle initiale. Elle leur permet d’accéder à une spécialisation et un approfondissement de leurs connaissances professionnelles. Elle conduit aux examens fédéraux professionnels et aux diplômes des écoles supérieures.

Les hautes écoles sont de trois types :

      • Les hautes écoles universitaires: universités cantonales et écoles polytechniques fédérales (EPF)
      • Les hautes écoles spécialisées (HES)
      • Les hautes écoles pédagogiques (HEP), écoles supérieures

L’admission s’effectue, en général avec un certificat de maturité gymnasiale ou un certificat fédéral de maturité professionnelle.

Le certificat de maturité gymnasiale ouvre les portes de l’université et de l’école polytechnique mais pas des HES qui requièrent une expérience professionnelle d’un an.

Note: si l’ objectif est une ES, HES ou HEP, un entretien et/ou des examens d’admission sont obligatoires !  L’admission dans ces écoles peut être aussi soumise à des compléments de formation : stages, certificat fédéral de capacité (CFC), etc.

Les hautes écoles spécialisées (HES), la Haute école pédagogique (HEP) et les écoles supérieures (ES) donnent des formations dans le domaine des arts, de la santé, de la pédagogie, du travail social et de l’économie.

Le bachelor HES / HEP ou le diplôme ES permettent de travailler après deux ou trois ans d’études.

Au vu du nombre très important de DUT français embauchés en Suisse dans le secteur de l’informatique, on peut en déduire que la filière HES ne produit pas assez de ces spécialistes. En Suisse, l’informatique semble être le parent pauvre de ces filières universitaires à durée de formation de 2 à 3 ans.

Pour l’EPFL (école polytechnique de Lausanne), un bac scientifique français avec mention Très Bien est requis. Elle commence à être prisée par les bacheliers français de la filière scientifique car elle leur permettent d’éviter le laminoir des classes préparatoires françaises.

En effet, ces prépas aux concours des écoles d’ingénieur françaises ont la réputation de laisser des traces chez les jeunes étudiants. Epuisement, découragement, perte d’estime de soi, … Autant de symptômes qui dévalorisent cette filière « royale » française.  Elle fait maintenant office de « particularisme » hexagonal décalé par rapport aux formations internationales.

Pour preuve, les écoles d’ingénieur françaises chutent dans les comparatifs internationaux. Elles sont pénalisées par la faiblesse de la production de leur département de recherche scientifique et par la faiblesse de leur animation de l’écosystème entrepreneurial local. Les EPF, elles, n’arrêtent pas de monter dans les classements internationaux.

Les  langues

En Suisse, avec 4 langues officielles, l’apprentissage des langues commence tôt, dés le primaire.

Il se poursuit avec la maturité bilingue. Dans tous les cantons, des établissements proposent des maturités bilingues. Dans les cantons romands: ce sont des maturités français-allemand ou français-anglais.

Elles se déroulent en classe bilingue ou en immersion dans un canton / pays de l’autre langue.

D’une filière à l’autre… les passerelles

La force du système scolaire suisse est que le choix d’une filière n’est pas irréversible. Un élève qui prend plus de temps pour maîtriser certaines matières,  sera orienté vers des classes de moindre performance, et verra des filières bloquées. Mais il pourra les rejoindre lorsque son développement personnel et ses capacités d’apprentissage le lui permettront. Entre-temps, il aura engrangé des qualifications valorisées sur le marché de l’emploi.

En débutant une formation en apprentissage en Suisse, l’accès à l’université reste possible grâce aux compléments de formation (passerelles). Les passerelles vont aussi dans le sens de la formation académique vers l’apprentissage : on peut envisager un apprentissage après l’obtention de la maturité gymnasiale.

La maturité professionnelle

La maturité professionnelle (équivalent français du baccalauréat pro) permet d’entrer directement dans la haute école spécialisée HES du même domaine que le CFC.

Elle est un complément envisageable au CFC et permet à un apprenti de certifier son niveau de culture générale pour entrer dans les hautes écoles spécialisées (HES), aux universités et aux écoles polytechniques fédérales.

Les solutions transitoires

Les solutions transitoires permettent à des élèves en fin de scolarité obligatoire, qui ne sont pas parvenus à trouver immédiatement une place d’apprentissage ou à accéder à une formation scolaire du degré II  (gymnase ou école des métiers), de combler leurs lacunes scolaires ou pratiques.

Exemples:

      • Offres de préparation scolaire
        10e année d’école, avec renforcement dans les matières scolaires et linguistiques fondamentales, année d’orientation, année de raccordement, année d’intégration pour des jeunes migrants.
      • Offres de préparation combinées
        Elles comprennent une formation scolaire de 2 à 3 jours par semaine complétée par une formation pratique sous forme de stages externes en entreprise ou de stages internes dans l’institution de formation.
      • Préapprentissage
      • Semestres de motivation (SeMo) de l’assurance-chômage

L’enseignement à domicile en Suisse

L’enseignement à domicile en Suisse est peu développé : on recense 1’400 élèves suivant leurs cours à domicile, tous cursus confondus, contre 34’000 environ en France en 2016. L’enseignement à domicile est fréquemment soumis à autorisation (Genève) ou déclaration(Vaud) et placé sous la surveillance de l’Etat.

L’autorisation s’obtient à diverses conditions :

      • Les buts de l’enseignement coïncident avec ceux de l’école publique,
      • Le programme correspond aux directives cantonales,
      • L’enseignant a une formation pédagogique.

Les enfants peuvent réintégrer l’école publique après avoir passé un examen afin de déterminer leur niveau effectif.

Accès au système scolaire suisse pour les frontaliers

Les frontaliers suisses ont la possibilité de scolariser leurs enfants en Suisse, après une demande de dérogation auprès du rectorat de leur académie française, et dans la limite des places disponibles dans les écoles. Ce dernier point est d’ailleurs le plus problématique dans le canton de Genève, moins dans les autres cantons “frontaliers”. Avec quelque 30’000 frontaliers genevois, le réseau scolaire local est rapidement saturé.

De fait, le canton de Genève souhaite, dès la rentrée 2019, limiter l’accès des enfants des frontaliers à l’école en Suisse, décision entérinée par le Conseil d’Etat. Cette mesure concernera le cycle primaire et le cycle d’orientation, soit environ 1’600 élèves ou l’ équivalent de 80 classes. A l’avenir, les enfants devront être prioritairement scolarisés dans les établissements de leur commune de résidence.

Pour justifier cette décision, le canton met en avant l’économie réalisée : 3,4 millions de francs annuel. En effet, selon les chiffres officiels de l’Office fédéral de la statistique, 12% des enfants scolarisés à Bardonnex vivent en France voisine. Le chiffre atteint même 20% sur la commune de Troinex.

Dans tous les cas, il reste toujours possible de faire une demande de dérogation, même si les chances d’acceptation sont minces.

Pour inscrire un enfant français dans une école suisse, il faut prendre directement contact avec l’école concernée pour connaître les modalités précises d’inscription. En général, permis de travail et attestation d’assurance maladie sont deux pièces administratives obligatoires pour monter le dossier.

Toutefois, il semble possible de contourner cet obstacle à la scolarisation des frontaliers en optant pour le réseau des écoles privées, et notamment les écoles françaises présentes sur le territoire suisse.

Liste des écoles françaises en Suisse, fournie par l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger :

      • Bâle : École française de Bâle
      • Berne : École française internationale de Berne
      • Genève : École primaire française de Genève
      • Lausanne : École française de Lausanne-Valmont
      • Zurich : Lycée français Marie-Curie de Zurich

Liste des écoles privées en Suisse : Il n’y a pas de répertoire fédéral, il convient donc de faire une recherche soit sur le site du département de l’instruction publique du canton (Pour Genève, le site est accessible ici), soit sur le site de l’association des écoles privées du canton (Pour Vaud, le site est accessible ici).

Equivalence avec le système scolaire en France

Pour rappel, voici comment se décompose le système scolaire français.
Ces diagrammes permettent de mettre en “équivalence” les classes suisses et françaises selon le nombre d’années d’étude.

 

Les études secondaires en France

Les études secondaires

 

Les études supérieures en France

Les études supérieures en France

 

Comme on l’a vu, les systèmes scolaires suisse et français présentent de nombreuses différences, notamment en terme de durée et d’âge. Ainsi, la primaire dure un an de moins en France mais les enfants y entrent plus tôt qu’en Suisse. L’accès aux études supérieures diffère également beaucoup du système éducatif en France.

Enfin, nous avons aussi noté de nombreuses différences en matière de contenu des formations. Dès la 5e primaire suisse, équivalent du CE2 en France, les enfants étudient 2 langues étrangères. Les cours en option sont également très diversifiés par rapport à la France.

Notre prochain article va détailler l’apprentissage suisse. D’ici là n’hésitez pas à compléter ce dossier avec vos remarques !

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