L’affaiblissement du franc suisse est-il durable ?

L’affaiblissement du franc suisse est-il durable ?

- dans Taux de change
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Evolution EUR CHF

Complétez votre lecture avec l’article plus récent du 17 janvier 2018

Le 24 juillet 2017 à 10 heures, l’EURO/CHF se négocie à 1.101192, du jamais vu depuis juin 2016!

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : la victoire d’Emmanuel Macron début mai, sans oublier la perspective d’un prochain tour de vis monétaire de la Banque Central Européenne (BCE), aidée en cela par une conjoncture économique favorable en Zone Euro.

Comme le montre la fréquentation en hausse sur notre page dédiée au cours de change, vous êtes nombreux à vous intéresser et suivre l’évolution du taux de chaEUR/CHF : les fluctuation du franc suisse ne sont jamais neutres pour le Frontalier français, que ce soit au niveau de l’emploi (le Frontalier est surreprésenté dans les secteurs actifs à l’exportation) ou de ses finances personnelles.

Une dynamique perçue avec bienveillance par la BNS

Le franc Suisse est victime de son statut de monnaie refuge.  A court terme, la tendance actuelle au renforcement de l’Euro devrait profiter à la Banque Nationale Suisse (BNS) qui se bat depuis bientôt 10 ans pour que l’économie Suisse ne souffre pas trop du franc cher. Cela va lui permettre de réduire ses interventions pour affaiblir le franc suisse, et de ralentir ses achats d’Euro.

Sur le long terme, la dynamique actuelle n’est pas suffisante: dans son communiqué du 15 juin 2017, la BNS, juge le franc suisse encore nettement surévaluée.

Le taux d’intérêt appliqué aux avoirs à vue détenus à la BNS demeure par conséquent fixé à –0,75%. L’objectif est de rendre le franc moins attrayant pour les détenteurs d’épargne. En clair, il faut payer pour avoir accès au coffre fort suisse…

Les moteurs de ce reflux : réduction du risque politique…

Eclatement EURO

 

Le relâchement du franc suisse face à la monnaie unique européenne s’est accéléré début mai lorsque la perspective d’une victoire du candidat d’«En Marche» s’est clairement dessinée.

Politiquement, cette victoire donne de l’oxygène à la monnaie unique en écartant le spectre d’une désagrégation à moyen terme de la zone Euro et de la monnaie unique.

Seule ombre au tableau et bien que s’éloignant de notre présent sujet, le Brexit reste un sujet de préoccupation majeur des entreprises suisses, avec les conséquences juridiques et administratives de l’abandon des accords bilatéraux.

Le Royaume-Uni est le cinquième partenaire commercial de la Suisse (5,4% des exportations), surtout dans les secteurs à forte valeur ajoutée (Sciences de la vie, industrie de précision, agro industrie premium…).

… et réduction du risque économique

La croissance économique se renforce en zone euro depuis quelques mois, «l’alignement des planètes» (pétrole, changes, taux) joue les prolongations. Principal marché à l’export, le moteur allemand tourne à plein régime.

Depuis 2015, les entreprises suisses exportatrices ont dû adapter à marche forcée leur structure de coût. Dans ce contexte, toute évolution positive de leur chiffre d’affaire en Euro se répercute immédiatement sur leur marge.

Par ailleurs, si l’embellie se poursuit, la Banque Centrale Européenne pourrait mettre en place une politique monétaire moins accommodante renforçant ainsi l’attractivité de la monnaie européenne au détriment du franc.

Un impact positif sur les exportations suisses

D’après l’Administration fédérale des douanes, les exportations ont progressé de 4,4% pour culminer à 109,6 milliards de francs au premier semestre 2017.

Exportation suisse

Avec 7% de croissance, la dynamique a reposé pour les deux tiers sur les produits chimiques et pharmaceutiques, premier secteur à l’export.

Les numéros deux et trois de l’export, soient le secteur des machines outils (industrie MEM) et l’horlogerie ont stagné. Après trois semestres en recul, cette dernière a ainsi pu stopper l’hémorragie.

Selon l’organisme de promotion des exportations Switzerland Global Enterprise (S-GE), «l’évolution de la monnaie unique au cours du premier semestre 2017 pourrait aussi donner un coup de pouce supplémentaire à l’économie Suisse».

Conjugué à la situation favorable de la demande dans zone Euro, la conjoncture semble favorable aux trois principaux secteurs exportateurs suisses.

Pour rappel, il s’agit aussi des principaux pourvoyeurs d’emploi chez le Frontalier français.
Si une baisse du franc suisse n’est peut être pas une bonne nouvelle à court terme pour les finances personnelles du Frontalier, c’en est une bonne à plus long terme pour son emploi.
Si la baisse se poursuit, ce sera aussi positif pour le frontalier qui a un prêt immobilier en franc suisse et qui vendra son logement.

Et vous, pensez-vous que ce renforcement de l’Euro va continuer ? Comment voyez-vous l’évolution du taux de change EUR/CHF d’ici la fin de l’année ?

Commentaires

  1. says:

    Bon article,

    Mais qui à mon avis est trop orienté vers un affaiblissement du CHF.

    Les risques pesant sur certaines banques italiennes ou régionales en Allemagne ne sont pas mentionnés.
    Et pourtant, si cela venait à faire la une des journaux, il y aura un impact fort.

    De même, la faiblesse actuelle de CHF vis a vis de l'EUR n'est-elle pas la résultante de la faiblesse générale de l'USD et plus particulièrement face à l'EUR?
    La faiblesse de l'USD étant liée à certains indicateurs décevant (évolution des crédits aux particuliers) associés aux déboires de Trump (Obamacare, questions sur les relations avec les russes).

    Bref, la réalité est peut-être beaucoup plus complexe et le CHF à 1.104 vs l'EUR est toujours très fort.

  2. says:

    Le CHF restera toujours une monnaie refuge en cas de trouble de tout ordre dans la zone euro ou ailleurs dans le monde.
    Il n^y a pas d'affaiblissement du CHF mais un renforcement de l'Euro. Une phase de confiance initiée par l'élection de Macron, suivie par des déclarations clairement pro européenne de Merkel on donné confiance aux opérateurs économiques. La croissance économique semble revenir dans la zone Euro.

    C'est une bonne nouvelle pour tous. Un CHF moins fort favorise les exportations de la Suisse vers la zone Euro.L'emploi en Suisse y sera gagnant, donc nos emplois!

  3. Sauf à avoir des nouvelles désatreuses sur les négociations en cours sur le Brexit (du style pas d'accord et pas de phase de transition), c'est clair que je miserai effectivement sur un renforcement de l'euros par rapport au chf. D'ici mi-2018 fin 2018 il devrait se situer vers 1.115 à 1.120 (paire eur/chf). Pour autant je garde mes chf précieusement en CH...et vire le minimum en France...

  4. jpm says:

    justement c'est une chance, les perspectives de voir le CHF devenir plus fort sont faibles (on a meme vu un blocage artificiel de la BNS, donc on aura pas au delà de la parité.)
    mais rien ne dit que le CHF ne refaiblira pas a 1,3 à 1,4, ou à 1,6 sur horizon 20 ans.

    le fisc français est tres simple côté immobilier, pas de tracasseries a l'horizon.

    partout. vous achetez un bien , pas neuf, qu'il ait 1 an ou 100 ans, et vous le mettez en location. le tour est joué. Bien sur mettez vous a la place d'un locataire et cibler des zones ou les gens ont des besoins locatifs.

    je reviens sur le change: aujourd'hui 1 € = 1,10 CHF (je schématise).
    vous achetez un immeuble locatif (4 apparts à 125 k€ = 500K€ = 550k CHF).

    si le CHF descend de 20%, votre dette s'est évaporé de 20%. cadeau (100K pouf disparu). Si le CHF reste fort, vous n'avez rien gagné, mais rien perdu.

    en parallèle de cela, vous faites des revenus en plus qui sont pour l'essentiel non soumis a impots et CSG-CRDS dans les premières années.du fait des charges (interets, taxe fonciere, frais de gestion).

    pendant l'operation, vous faites un petit effort (légère perte de pouvoir d'achat) mais a terme vous faites un bond de patrimoine.

    seule contrainte le taux du prêt doit etre inférieur a la rentabilité nette du placement. mais avec des prets a 1%, sauf si vous achetez n'importe quoi, cela devrait le faire.

  5. Bon allez on arrête les frais.

    20 posts en 1 journée, pas un seul argument (et pourtant il y en a), j'appelle ça un troll.
    Revenez quand vous aurez quelque chose de concret (et honnêtement on demande pas mieux) plutôt que des grandes déclarations sans aucun fondement.