Elections législatives 2017 : deux candidats à la défense des frontaliers

Elections législatives 2017 : deux candidats à la défense des frontaliers

- dans Le frontalier
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Elections législatives 2017

Le 11 juin 2017, les français sont appelés à voter pour élire leurs députés qui les représenteront à l’assemblée.

Les frontaliers qui peuvent être vus de Paris comme une particularité ou une minorité, ont besoin de représentants leur permettant de faire entendre leur voix comme celles des habitants de leur circonscription.

Courant mai, deux candidats nous ont directement contacté pour mieux connaître les problématiques des frontaliers : Laura Devin candidate de la 4e circonscription de Haute-Savoie (74) via notre blog, et Alain Tavan candidat de la 3e circonscription du Haut-Rhin (68) au travers du forum des frontaliers.

Ces candidats s’engagent tous les deux pour la première fois en politique et il nous a semblé intéressant d’en savoir un peu plus sur eux et sur les raisons qui les ont poussés à se présenter, c’est pourquoi nous leur avons adressé à chacun quatre questions.

Laura Devin candidate dans la 4e circonscription de Haute-Savoie
Laura Devin candidate dans la 4e circonscription de Haute-Savoie

Bonjour Laura Devin, pouvez-vous vous présenter et nous présenter votre candidature ?

Mon engagement citoyen remonte à 2011, j’ai fondé avec d’autres citoyens l’association Archamps Village qui a notamment pour objet de réfléchir aux outils de participation citoyenne en dehors d’un mandat d’élu. Je poursuis aujourd’hui ce même but en qualité d’élue de ma commune au sein de l’équipe municipale.

Je n’ai jamais appartenu à un parti politique jusqu’à la découverte d’En Marche qui a construit son programme politique grâce à la participation des citoyens. J’ai été désignée par En Marche ! candidate aux élections législatives pour notre 4ème circonscription de Haute-Savoie.

J’ai travaillé en entreprise pendant et après mes études dans la finance et la comptabilité puis je suis devenue avocate et j’ai eu l’opportunité de travailler en France et à Genève.
J’ai pu comparer les 2 univers juridiques, comprendre et défendre les problématiques propres aux travailleurs et créateurs d’entreprises frontaliers.

La fin des assurances privées et le passage à la CMU a généré beaucoup de problèmes. Avez-vous suivi ce dossier, qu’en pensez-vous et que pouvez vous faire pour les frontaliers aujourd’hui doublement affiliés ?

Dans ma vie professionnelle d’avocate puis dans mon entourage, j’ai suivi ce dossier et aidé des familles qui se sont retrouvées dans une situation de double affiliation. Les situations sont dramatiques pour beaucoup car elles entravent l’accès aux soins.

Pour les contentieux liés à la double affiliation, toujours pendants devant le tribunal des affaires sociales, je m’engage à porter une demande de médiation auprès de mon gouvernement pour analyser, traiter et résoudre les cas de double affiliation.
La voie judiciaire, longue et aléatoire, ne me semble pas appropriée car la santé des personnes est en jeu.

Pour l’ensemble des dossiers propres à nos régions frontalières, je m’engage, avec les élus En Marche ! qui partagent ces problématiques de santé, transport, culture (10% de la population française vit dans une région frontalière), à demander au nouveau gouvernement de créer un organisme spécifique permettant de traiter du quotidien des habitants frontaliers.

Il est primordial de trouver des solutions transversales aux questions liées à l’assurance maladie, au logement et aux transports de nos populations frontalières.

Quelles autres problématiques frontalières vous interpellent ?

Le transport :

L’Etat doit soutenir financièrement et coordonner le travail nécessaire entre les pays frontaliers pour faciliter le quotidien des frontaliers. C’est particulièrement important pour la programmation et la mise en œuvre des offres de transport transfrontalières.
La création d’un organisme ministériel permettrait d’agir avec plus de lisibilité vis-à-vis des pays partenaires.

Autre problème d’actualité : le plafonnement de la déduction fiscale des frais kilométriques pour les frontaliers « quasi-résidents » à 500€ par an.
Ce plafonnement est injuste car notre région doit accueillir les travailleurs de Genève qui ne construit pas les logements nécessaires. Vous devez vous loger toujours plus loin de votre lieu d’activité.
Je m’opposerai à ce plafonnement trop bas en pesant de tout mon poids en qualité de députée de la majorité présidentielle.

Le rôle politique que peut jouer un député de la majorité auprès de son gouvernement est primordial pour notre territoire : ce rôle doit permettre de favoriser la concertation avec les autorités suisses. Je pense notamment à tous les projets impactant nos déplacements frontaliers sur tout le bassin lémanique : traversée du lac, l’aéroport de Genève, politique de logement.

La culture :

La pénurie de logements à Genève a fait que les suisses ont dû déménager en France voisine avec leurs familles.
A Archamps, nos suisses sont très impliqués dans notre vie locale. Ces échanges doivent nous permettre de partager nos différences et je crois beaucoup au poids de la culture comme vecteur de liens.
Les élus doivent favoriser les échanges entre nos populations en dehors des flux pendulaires quotidiens (accès pour nos enfants aux infrastructures dans nos 2 pays par exemple).

Nous avons un rôle à jouer en ce sens car ce sont les liens entre les citoyens qui nous permettront -ou nous imposeront de fait, mettant à bas les logiques partisanes des élections- de mieux nous coordonner au profit de notre territoire dont le bassin de vie ne peut être réfléchi autrement qu’en commun par nos 2 Etats.

Selon-vous, quel aspect de votre projet politique pourrait trouver écho auprès des frontaliers ?

La spécificité de notre frontière mérite d’être traitée par le député en lien avec le gouvernement et à sa juste mesure : celle d’un territoire qui tire l’emploi vers le haut, apporte des richesses démographiques et économiques à notre pays.

La loi, d’un côté ou de l’autre de la frontière, ne doit jamais être un frein au dynamisme de nos territoires frontaliers. Je porterai cet enjeu en tant que députée de la majorité présidentielle, à l’assemblée nationale, auprès de notre gouvernement, et auprès des autorités suisses.

Pour en savoir plus : page FaceBook de Laura Devin

 

Alain Tavan candidat dans la 3e circonscription du Haut-Rhin
Alain Tavan candidat dans la 3e circonscription du Haut-Rhin

Bonjour Alain Tavan, pouvez-vous vous présenter et nous présenter votre candidature ?

J’ai 34 ans, je suis père de deux enfants, ingénieur frontalier suisse.
C’est la première fois que je me présente à une élection politique (3e circonscription du Haut-Rhin) dans le but de faire entendre notre cause et pourquoi pas avoir d’être le député qui représentera tous les frontaliers.
Les membres du forum ont tenté d’obtenir de l’aide des élus en place, cela n’a rien donné.

Remplaçons les élu par des personnes plus à l’écoute, des personnes prête à résoudre le problème.
Des personnes qui ne se limiteront pas a une simple réponse !

La fin des assurances privées et le passage à la CMU a généré beaucoup de problèmes. Avez-vous suivi ce dossier, qu’en pensez-vous et que pouvez vous faire pour les frontaliers aujourd’hui doublement affiliés ?

J’ai non seulement suivi le sujet, mais aussi vécu le sujet, puisque je suis Frontalier.
Je participe sur votre forum, essaie de trouver des solutions et apporte mon soutien moral à tous ceux qui sont à bout par ces procédures scandaleuses.

La fin de l’assurance privée est une arnaque rien de plus rien de moins. On oblige des milliers de personnes a subir un système qu’ils ne veulent pas.
La moindre des choses auraient été de demander un nouveau choix ! Après tout, rien sur les documents signés à une époque, ne laissait entendre que le choix fait sera un jour remplacé par un autre dont on ne veut pas.

Élu je ferai tout mon possible pour :

  1. redonner le choix à ceux qui ont signé un jour un DO pour une assurance privée et qui se retrouvent aujourd’hui de manière honteuse affilié de force à un système qu’ils ne veulent pas !
  2. je demanderai à ce que les accords franco suisses, en total contradiction avec l’art 16 de la réglementation CE 882/2004 soit supprimés ! Ceci afin que le choix soit ouvert pour les mêmes conditions que nos voisins allemands, italiens ou autrichiens (mariage, naissance par ex.)
  3. de manière plus générale, je souhaite que notre pays revienne sur le choix des assurances privées, ce système était plébiscité par 90% des frontaliers. Je suis certain que si on remet en place des assurances avec des garde-fous (pas de prix variable selon l’âge ou la santé, interdiction de refuser un client), certes nous auront des prix qui ne seront pas aussi discount que nos ex assurances (si jeune et en bonne santé), mais nous aurons quand même un système devrait mieux fonctionner que la sécu.

Quelles autres problématiques frontalières vous interpellent ?

Nous ne sommes toujours pas à l’abri de la CSG. Si par malheur nous exerçons un travail à coté en France, l’employeur suisse risque de devoir payer l’URSSAF La retraite suisse des poly-retraités est injustement taxée.

Selon-vous, quel aspect de votre projet politique pourrait trouver écho auprès des frontaliers ?

Sans doute le fait que je connaisse le sujet, que je participe et que je suis moi-même un frontalier ?
Je ne suis pas un professionnel de la politique, un député qui se bat pour garder son mandat, mais bien un simple citoyen qui est révolté que rien ne change dans le bon sens.

J’ose espérer que les frontaliers accorderont leur confiance a quelqu’un qui est révolté contre la situation actuelle, qu’ils ne se laisseront pas berner par la chanson « en marche » sachant que la responsable de toute cette histoire est dans cette équipe !
Tout comme j’ose espérer qu’ils veulent du changement, ce n’est pas en redonnant un mandat à quelqu’un qui n’a rien fait ou presque jusqu’à maintenant que quelque chose changera !

Pour en savoir plus : page Facebook d’Alain Tavan

 

Merci à Mme Devin et Mr Tavan pour leurs réponses.

Commentaires

  1. Merci pour l'interview Pierre.

  2. Alex says:

    Alors là, je dis tout simplement : BRAVO !!

    Je pense que nous devons maintenant partager MASSIVEMENT CE LIEN.

    Puisque malheureusement à ce jour, nous n'avions pas ce type de support !

    En (T)avant TOUTE !!! :grin:

  3. bonjour pierre
    est-il possible d'avoir le contact de laure devin svp, merci
    etant de la région haute savoie, j'aimerais la contacter pour un projet.