Les solutions de rapatriement d’argent pour les frontaliers

Les solutions de rapatriement d’argent pour les frontaliers

- dans Taux de change
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Ces services en ligne souhaitent rendre obsolètes les bureaux de change.Ces services en ligne souhaitent rendre obsolètes les bureaux de change.

Les solutions de change en ligne ont le vent en poupe et de plus en plus de frontaliers les utilisent de manière régulière.

Deux sociétés basées à Genève ont actuellement la faveur des frontaliers : b-Sharpe et Telexoo.

Comment ces start-up locales ont elles réussi à trouver leur place face à des géants internationaux comme Currencyfair et Transferwise ?
Quels sont leurs services, les avantages qu’elles apportent, mais aussi leur coût d’utilisation ?

Deux acteurs locaux sur le marché du change en ligne

Les services de change online ont commencé à apparaître il y a une dizaine d’années.
Face à des géants comme Transferwise ou CurrencyFair tous deux basés au Royaume Uni, 2 sociétés genevoises : Telexoo (hébergée par l’incubateur Fongit du canton de Genève) et b-Sharpe (créée en 2006 et implantée dans le centre de Genève) poursuivent le même objectif : réduire le coût des transferts et du change de monnaie pour les particuliers.

Ces entreprises “Fintech” proposent “d’überiser” le taux de change.
En clair, permettre aux particuliers et aux PME de profiter d’échanges en boucle courte, et ainsi de bénéficier de conditions qui étaient autrefois réservées aux grands comptes.

Coût, transparence, rapidité

Ces solutions de change en ligne proposées en Suisse misent sur trois avantages pour se démarquer de la concurrence des banques ou des bureaux de change.

Le coût est bien sûr l’élément fondateur, en proposant pour les frontaliers des échanges sans frais de transfert (à partir de 1’000 CHF échangés chez Telexoo, à partir de 10’000 CHF chez b-Sharpe) et des taux de change avantageux, les 2 solutions se placent d’emblée parmi les meilleures options pour un rapatriement de salaire par exemple.

La transparence est le second avantage de ces solutions, et à lire les retours d’expérience que sur le forum des frontaliers, c’est un élément déterminant sans lequel la confiance n’est pas possible.
Cela suppose d’être très clair sur les taux et les conditions affichés sur les sites et d’afficher immédiatement le montant de la transaction : exemple (lundi 1er mai 2017 15h00) je verse 5’000 francs, je vais recevoir 4’588.00 euros.

Face à certaines solutions bancaires pour lesquelles il est impossible de connaître le taux utilisé, le moment du change ou les frais appliqués, les solutions en ligne affichent un avantage certain.

Enfin ces solutions misent sur la rapidité avec un change effectué en 24h, parfois moins suivant les banques destinataires.

La réglementation suisse : contrainte ou garantie ?

Basées en Suisse, ces 2 sociétés appliquent la réglementation suisse imposée par la FINMA et qui encadre fortement les transferts d’argent.

Chaque utilisateur doit donc décliner précisément son identité mais aussi l’origine des fonds, la fréquence et la destination des transferts… Ces contrôles de conformité ou “compliance” en anglais ne sont pas imposés pour les sociétés concurrentes basées au Royaume-Un.

Ces contrôles ne constituent pas un frein pour le frontalier dont l’appel au service se fait généralement pour des cas d’utilisation bien précis (salaire, achat immobilier, versement d’un capital vieillesse…), mais pour ces services en ligne, dont le but est de démocratiser et simplifier l’accès au change, il faut aller plus loin.

Dans ce but, b-Sharpe vient de mettre en place un service d’authentification en ligne des pièces administratives qui permet une inscription à 100% digitale grâce à un entretien filmé. Avec ce nouveau service, l’inscription est effective en quelques heures.

Gagner la confiance des utilisateurs

Le défi majeur des sociétés de change en ligne est de gagner et conserver la confiance de ses utilisateurs.

Face aux aléas du marché, Telexoo comme b-Sharpe jouent la carte de la sécurité : les fonds versés transitent en quelques heures.
A la fin de la journée, tous les transferts sont effectués et aucun fond n’est conservé pour de la spéculation.

b-Sharpe met également en avant son assurance contre les risques de fraude et de braquage digital qui couvre les échanges jusqu’à 1,5 millions de francs suisses, tandis que Telexoo indique disposer de fonds propres importants qui lui permettraient de faire face à ces risques.

Proposer de nouveaux services aux frontaliers

A l’écoute de leurs clients,  b-Sharpe comme Telexoo envisagent d’évoluer afin d’offrir de nouveaux services aux frontaliers.

Aujourd’hui il est possible d’utiliser l’IBAN non nomitatif de ces sociétés pour recevoir des fonds sans avoir besoin d’un compte bancaire en Suisse.
L’objectif est d’aller plus loin et de permettre bientôt aux clients d’obtenir un IBAN personnel qui leur permettrait de transmettre leurs coordonnées bancaires à leur employeur et percevoir leurs salaires…

Un pas vers une solution complète de banque en ligne qui bénéficierai du label “qualité Suisse” ?

La concurrence

Un troisième acteur genevois se profile justement pour aider les frontaliers avec lui aussi une solution d’IBAN personnel via une application conviviale. Smexcity nous annonce son lancement avant l’été.

Face à ces nouvelles offres, il est prévisible que les banques réagissent et innovent elles aussi.

Dans les prochains mois, il va être intéressant de suivre comment ces concurrences et ces initiatives vont bénéficier aux frontaliers !

Commentaires

  1. says:

    Il manque just
    - une carte de paiement (genre Maestro)
    - la certitude de pouvoir mettre en place une prélèvement automatique (pour Helsana)

    et ce serait parfait.

  2. Il y a des contraintes réglementaires importantes pour faire tomber des barrières mais c'est l'objectif affiché de ces sociétés de proposer ces services.