Espérance de vie : recul marqué en 2015

Espérance de vie : recul marqué en 2015

- dans Assurance maladie
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Espérance de vie2015 a été une année noire sur le plan démographique

Espérance de vie en recul en France, forte augmentation de la mortalité en Suisse. 2015 a été une année noire sur le plan démographique.

Ce trou d’air est-il conjoncturel ou la tendance va-t-elle s’installer dans la durée ?
Quelques pistes de réflexion pour mieux comprendre les enjeux d’un phénomène inédit.

L’espérance de vie en France recule pour la première fois depuis 1969

D’après l’INSEE, en 2015, l’espérance de vie à la naissance diminue nettement en France, à la fois pour les femmes (- 0,4 an) et pour les hommes (- 0,3 an) Pour être précis, elle s’établit à 85,0 ans pour les femmes et 78,9 ans pour les hommes.

En 2015, 600 000 personnes sont décédées en France ; il s’agit du niveau le plus élevé depuis l’après-guerre. Le nombre de décès a augmenté de 41 000 (+ 7,3 %) par rapport à 2014, après deux années de recul. On note un accroissement des taux de mortalité, particulièrement aux âges élevés. D’après l’institut de statistique, des conditions épidémiologiques (grippe) et météorologiques (canicules) peu favorables ont conduit à cette hausse.

Suisse : 2015 année “meurtrière”

Même constat en Suisse : l’année 2015 s’avère particulièrement meurtrière.
Selon des chiffres provisoires de l’Office fédéral de la statistique (OFS), 67 300 personnes sont mortes, soit une progression de 5,2% par rapport à 2014 (+5,6% pour les femmes et +4,7% pour les hommes).

On n’avait pas vu un tel nombre de décès depuis la grippe espagnole de 1918. Comme en France, le grippe et la canicule sont mises à l’index.
L’OFS ne donne pas encore l’espérance de vie pour 2015 : il n’est pas impossible qu’elle soit en baisse.

L’OFS a par ailleurs publié trois scénarios pour les 30 prochaines années :

Selon l’hypothèse de référence, les progrès médicaux, l’augmentation du niveau de formation de la population et la prévention permettront de faire baisser la mortalité. Les hommes adoptent une meilleure hygiène de vie (!) alors que les femmes ont des comportements proches de ceux des hommes (tabac, stress). Résultat, l’écart d’espérance de vie entre les deux sexes se réduit. En 2045, l’espérance de vie pour les hommes se situent à 86,2 ans et 89,4 ans pour les femmes.

Dépendance

Deux autres scénarios sont évoqués :
L’optimiste table sur une espérance de vie de 86,9 ans pour les hommes nés en 2045 et de 90,1 ans pour les femmes.

Le pessimiste part de l’hypothèse que les progrès médicaux ne permettront pas de compenser les comportements néfastes. La précarisation d’une partie de la population, le stress et la dégradation de l’environnement freineront l’augmentation de l’espérance de vie.

Malgré cela, elle continuera de progresser (!) et atteindra 85,3 ans pour les hommes nés en 2045 et 88,6 ans pour les femmes.

Au final, tout dépendra de la situation économique de la Suisse à horizon 2045. En 2005, combien de personnes ont prédit la crise de l’immobilier US qui allait plonger l’Europe dans un état récessif sévère ? Sur le sujet, recommandons pour ceux qui ne l’auraient pas vu l’excellent film «The big short»…

La tendance (positive) de long terme peut-elle s’inverser ?

C’est indéniable. Sur longue période, l’espérance de vie dans les pays «riches» à la naissance s’accroît. Comme le rappelle Jacques Vallin, directeur de recherche à l’INED, elle évolue par palier au gré des progrès techniques et du contexte économico-social. Les deux derniers progrès importants résultent des travaux de Pasteur et, plus récemment, de la révolution cardio-vasculaire.

Thérapie génique

A-t-on atteint un plateau en matière d’espérance de vie ? Les progrès médicaux (biotechnologie, thérapie génique…) vont-ils permettre de franchir une nouvelle étape comme le pensent les transhumanistes ?

 

 

 

Pour être parfaitement honnête, on ne peut très certainement rien dire de l’avenir et de l’évolution de l’espérance de vie sinon qu’elle va dépendre de l’existence (ou non) d’une prochaine étape et de la possibilité de la financer.

Pensez au coût d’un IRM par exemple – de l’ordre de 1 millions de francs. Qu’en sera-t-il des prochains équipements ?

L’impact social de la crise économico financière n’est pas encore mesurable

Dans un rapport de 2012 sur la santé en Europe, l’OMS s’interrogeait déjà sur l’impact des mesures d’austérité en Europe, «les progrès durables globalement observés dans la Région européenne en termes d’espérance de vie risquent d’être compromis si, parallèlement aux crises économiques ou sociales, on assiste à des réductions des dépenses consenties aux services de santé et à d’autres services et aux filets de sécurité sociale».

C’est une crainte partagée par l’Insee.
Dans un document publié en 2015 sur la situation sociale des pays européens depuis le début de la crise financière et économique, l’institut d’étude statistique estime que l’augmentation du taux de renoncement aux soins, due en partie à la hausse du reste à charge des ménages, pourrait avoir des conséquences sur l’état de santé de la population à moyen terme.
Et de préciser : «Si l’espérance de vie n’a diminué dans aucun des pays observés, il n’en va pas toujours de même pour l’espérance de vie en bonne santé : même si le lien de causalité avec la réduction des dépenses de santé n’est à ce stade pas établi.»

A ce stade, la France et la Suisse paraissent épargnées par cette problématique mais il convient d’adopter une attitude des plus prudente sur le moyen terme.

Un système de santé sous pression

Le déficit de la Sécurité Sociale en France (9.7 Milliards d’€ en 2014) est persistant. Parallèlement, on assiste à une envolée de la dette des hôpitaux publics français. Comme le rappelle un rapport de la cour des comptes, cette dette n’est pas anecdotique, elle a triplé en 10 ans (2005-2015) : elle représente environ 29 milliards d’euros. Les acteurs institutionnels français (caisse de retraite, acteurs de la prévoyance et de l’assurance…) la financent en grande partie par des placements privés : le serpent se mord la queue.

Hôpital

La question revient donc à savoir si les acteurs de la santé pourront accompagner l’évolution, si elle a lieu, des technologies et l’augmentation des tarifs.

 

 

 

Dans ce contexte incertain, l’assurance maladie de base doit clarifier ses choix d’avenir et sa “politique de santé”. A la place, on assiste à des opérations de prestidigitation comptable.

En France, une partie du risque et de la prise en charge est en train de basculer sur les assurances complémentaires.
Entre autres, ce financement supplémentaire est masqué par la nouvelle obligation des employeurs, et par ricochet des salariés,  à fournir une complémentaire.
Au final, cette approche comptable aboutit à généraliser des couvertures complémentaires proches de l’ancienne couverture de base mais financées en dehors du budget de l’assurance maladie de l’Etat.

La certitude c’est que l’assuré devra de plus en plus gérer sa “politique de santé” à son niveau personnel et procéder à des arbitrages afin de l’optimiser.

Et vous, quelle est votre une opinion sur le sujet ? Pensez-vous qu’on se dirige vers une régression de l’espérance de vie en France et en Suisse ou faites vous partie des optimistes ?

Commentaires

  1. pas étonnant...

    entre la polution (air, eau, nouriture)
    la malbouffe (je pense fast food et plat cuisiné)
    l'agiculture en grande partis completement POURRIS (pesticides a gogo, OGM, elevage intensif d'animaux qui vivent toute leur miserable vie dans leur merde, enfermé, et shooté aux antibios pour pas qu'ils tombent malade... et vu les conditions ils tomberaient tous malade...)
    la grande distribution encore plus pourris : colorants, conservateur, aditifs en tout genre pour que le produit coute moins cher a produire, voir manque total de transparence (cheval a la place de boeuf ), ajout de set et de sucre dans presque tout sans reel raison... (nos grand parent mangeait 2kg de sucre par an.. nous en consommant (SANS LE SAVOIR pour la plus importante part) plus de 35 !

    le manque d'activité
    la technologie qui a des effets nefaste (ondes GSM, wifi, rayonnement des ecrans voir de certaines ampoules)

    il est EVIDENT que l'esperance de vie va diminuer ...

  2. De toute façon l'espérance de vie que l'on a gagnée depuis l'invention de la télévision... on le passe ou... devant la télévision Wharf wharf wharff !!!

  3. la télé c'est has been ^^
    maintenant c'est devant son ordi/smartphone/tablette ... et encore un petit peu devant la tv :slight_smile:

    mais dans l'ensemble je suis d'accord avec toi :stuck_out_tongue:

  4. jpm says:

    ah !! par pitié !! creusez un peu l'info avant de colporter des trucs pareils. Merci de lire la différence entre rayonnement ionisant et non ionisant sur Wikipedia ou ailleurs.

    Quand à ces ondes, en dehors du GSM (voir plus bas), elles n'ont aucun impact, de par les niveaux de puissance en jeu, sur notre corps.

    Quand au GSM, les etudes ont été menées avec soit des puissances élevées (sur des animaux) soit sur des expositions prolongées (sur des humains), et les médias se sont empressés d'appliquer une sorte de linéarité : par exemple telle utilisation = cancer en 5 ans, donc utilisation deux fois moindre = cancer dans 2 fois plus longtemps.

    cette linéarité est archi fausse. donc diviser par 2 une exposition par 2 peut diviser votre risque par 4, 10, 1000, très difficile à savoir. Car il y a des phénomènes de saturation des tissus, qui sont tout sauf linéaires.

    demandez-vous plutôt la quantité de radiations ionisantes (de type rayon X par exemple) que vous prenez (1 radio des poumons = 1 dose, 1 paquet de cigarette = 2 doses, 1 voyage long courrier en avion = 8 à 10 doses, nombre de doses que vous prenez chaque année sans avion ni radio ni tabac chaque année = 24 doses).

  5. Me dire que je dis des conneries en me disant de lire wikipédia est assez marrant ..surtout lorsque l'on sais que les articles de wikipédia sont pas forcément fait pas des experts..

    J'aimerai bien savoir votre métier pour savoir si vos propos sont à titre personnel ou si vous avez une expérience professionnelle dans le domaine :slight_smile:

    Les études sur les ondes se contredisent et comme par hasard celles qui affirment qu' aucun risque existe, sont bizarrement financer par ceux qui n'ont aucun intérêt à dire que ya un potentiel

    Bien sûr utiliser un gsm n'est pas mortel
    Bien sûr qu'il faut une dose poussé...ou être exposer très longtemps
    Et c'est justement sur la durée d'exposition quil fallait voir mon message..

    Nos enfants se prennent la 2g, 3g,4g (le tout sur plusieurs fréquences et bien sûr par plusieurs opérateurs) constamment dans la tronche...

    Idem pour le wifi.. même dans une maison individuelle il n'est pas rare de capter 6 autres réseau des voisins

    Ajoutons encore le dect ou la résonance cpl....
    Ça en fait des W/kg sur le long terme..

    Et il y a fort à parier qu'il y aura encore bien d'autres sources à l'avenir...

    Il y a des gens hypersensibles aux ondes ce sont certes des cas rares mais ils souffrent... sans doute des fous qui on oublier de lire wikipédia :wink:

    PS: j'utilise fortement ces technologies je ne suis pas un bobo qui a isolé sa maison contre les ondes...
    Néanmoins j'éteins les portables et je désactive le wifi durant la nuit. Certes il reste le wifi des voisins mais leur signal est forcément plus faible que celui de ma maison.

    Les écrans ont un impact sur le sommeil... restez sur un écran tard le soir et bizarrement vous serez moins fatigué... car la lumière de l'écran stimule votre cerveau
    Or le sommeil à un rôle important sur la santé.
    Et avec la multiplication des écrans.... le risque de se mettre devant un écran le soir est forcément plus important.