LIBOR à 0% : est-ce le bon moment pour souscrire un prêt à taux variable ?

LIBOR à 0% : est-ce le bon moment pour souscrire un prêt à taux variable ?

- dans Prêts immo
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Avant de choisir un prêt à taux variable, il faut bien comprendre le fonctionnement de ce type de financement

Suite aux décisions de la BNS pour lutter contre le franc fort, le LIBOR vient de descendre à 0,005% soit quasiment zéro.

Le LIBOR CHF à 3 mois est le principal indice à partir duquel sont calculés les taux d’intérêts immobilier en devise. Autrement dit aujourd’hui avec un indice proche de zéro, les taux ne sont quasiment constitués que de “marges bancaires”.

Ces marges bancaires augmentent selon 2 indicateurs : la “stabilité” du taux et la durée du crédit.

  • Un taux variable sera plus faible qu’un taux fixe
  • Un taux sur 10 ans sera plus bas qu’un taux sur 20 ans.

Aujourd’hui on peut donc trouver des taux variables (dit aussi révisables) en dessous de 1% ! Est-ce pour autant une raison de choisir cette option ?

Nous avons reçu énormément de question sur le sujet, nous allons tenter d’y voir un peu plus clair.

Les différents types de taux d’intérêt

Il existe trois grands types de taux :

  • Le taux variable ou révisable qui change avec la valeur de l’indice sur lequel il est indexé
  • Le taux capé qui est un taux variable “borné” par des valeurs mini et maxi
  • Le taux fixe, celui sur lequel la marge bancaire est la plus importante, il ne varie pas dans le temps

Pour en savoir plus sur chaque type de taux vous pouvez consulter cet article : fixe ou variable, quel taux choisir ?

Pour avoir l’avis d’experts sur le crédit en devise, vous pouvez aussi choisir de contacter nos partenaires locaux.

Evolution du LIBOR, volatilité des taux

Ce n’est qu’a posteriori, en regardant les variations du LIBOR sur la durée de notre prêt qu’on peut mesurer l’intérêt d’un type de taux. Personne ne peut prédire l’évolution d’un tel indice à plusieurs années.

Même lorsque la banque nationale indique une tendance générale, on a vu que des évènements extérieurs peuvent totalement bouleverser ses plans.

Ainsi la BNS (Banque Nationale Suisse) avait prévu de remonter les taux d’intérêts pour limiter la surchauffe du marché immobilier.
C’était sans compter sur la crise européenne et le franc fort qui lui a fait modifier en hâte ses perspectives.

Pour informations, voici l’évolution du LIBOR CHF 3 mois sur ces 22 dernières années :

Historique du LIBOR CHF 3 mois depuis 1989 (cliquez pour voir en grand)

Opportunité ou risque ?

Selon l’affinité de chaque emprunteur avec l’incertitude, choisir un taux révisable constituera une opportunité ou un risque.

Comme on peut le voir sur le graphique ci-dessus, et bien que cela ne présage en rien de l’évolution future du LIBOR, on peut déjà remarquer que choisir un taux variable pour un prêt de longue durée (supérieure à 15 ans) est une décision à mûrement réfléchir.

Il existe des solutions pour fixer un taux c’est à dire passer d’un taux variable à un taux fixe en cas de hausse du LIBOR.

Mais ces solutions coûtent cher, de plus le taux fixe qui sera appliqué sera lui-même indexé sur le cours actuel du LIBOR, donc il sera plus élevé que le taux fixe proposé aujourd’hui par les banques.

Les 7 éléments à prendre en compte

1. Les taux ne descendront pas plus bas (09/2011)

Avec un LIBOR si proche de zéro et des marges bancaires si réduites on ne peut espérer de baisse. Partir aujourd’hui sur un taux révisable c’est s’exposer uniquement à un risque de hausse.

D’un point de vue théorique, il est plus intéressant de souscrire à un taux variable lorsque les taux sont élevés !

2. Le taux révisable est réservé à ceux qui suivent attentivement l’économie

Si vous optez pour un taux variable, cela va vous demander de suivre les indices et les tendances au plus près.

Avec des mensualités trimestrielles, on peut se rendre compte un peu trop tard d’une remontée de l’indice LIBOR…

Si la remontée semble rapide et confirmée, vous pourrez toujours opter pour un taux fixe et “limiter la casse”.

3. “Jouer” le variable s’il reste une marge budgétaire

Afin de ne pas multiplier les risques, il est important de choisir un prêt qui va répercuter la hausse sur les mensualités et non la durée. Cela impose d’avoir une marge de manœuvre non négligeable sur son budget.

4. Limiter le risque en panachant l’offre

Pour vous couvrir du risque de hausse, vous pouvez choisir de panacher l’offre de taux dans votre montage, 50% du montant emprunté à taux révisable, le reste à taux fixe.

Évitez également de souscrire un taux variable sur un prêt in-fine ! Ce type de prêt ne s’amortissant pas, vous subirez de plein fouet l’augmentation des taux même à quelques années de la fin de votre crédit.

5. Choisir des petites durées

Un bon moyen de profiter du variable tout en limitant le risque est de le faire sur des crédits de courte durée (5 à 10 ans).

6. La différence de taux doit justifier le risque

La différence entre les marges sur un taux fixe et un taux variable doit  être importante pour “justifier” un choix.

Si le taux fixe d’une banque est à 3% et son taux « capé 2 » à 2,5%, l’offre variable ne se justifie absolument pas car votre taux peut varier entre 2,5 et 4,5%.

En revanche si le « capé 2 » est par exemple proposé à 1,8% alors l’offre mérité d’être étudiée.

7. Connaître par avance le risque de dérive

Bien que cela soit impossible sur du “variable pur”, vous pouvez connaître le risque de dérive maximum d’un crédit à taux capé.

Votre banque ou votre courtier doit vous en parler et vous fournir un tableau d’amortissement ou pour le moins vous présenter le coût total du crédit en cas de hausse.

Pour cela il simule une hausse brutale et irréversible de l’indice dès la première échéance, vous pouvez donc apprécier l’impact sur :

  • Vos mensualités
  • Le coût total de votre prêt

Il est intéressant de noter que l’amortissement du capital est initialement défini pour un taux donné, si le taux monte cet amortissement ne doit pas bouger.
Par conséquent, l’impact de la hausse est de plus en plus limité dans le temps : l’échéance maximale possible tend vers l’échéance initialement prévue.

Ce schéma vous présente un prêt de 200’000.- francs sur 20 ans à 2% « capé 1 » :

Montant des échéances et scénario le plus pessimiste (amortissement progressif)

 

En Bleu foncé la part de capital dans l’échéance et les intérêts calculés au taux initial : coût total des intérêts = 42’824.- francs.

En bleu clair l’échéance “maximale” dans le scénario le plus pessimiste (augmentation immédiate de l’indice) : coût total des intérêts = 64’236.- francs.

Votre coût évoluera entre ces deux bornes et ne pourra les dépasser, il est donc important de les connaître pour les apprécier avant de s’engager.

Notre avis

Selon nous il est encore plus raisonnable de songer au taux fixe maintenant que le LIBOR est bas.

Pour votre résidence principale, pour un achat de longue durée, le taux fixe nous semble la solution idéale.
Sachez de plus que si vous avez droit au prêt à taux zéro (par exemple en cas d’installation sur France voisine) ce type de taux est plus approprié : certaines banques refusent le PTZ si vous êtes sur un taux variable pur ou capé en devise.

Si vous souhaitez profiter d’un taux très bas, pour un crédit de courte durée et si vous anticipez les risques de hausse (par exemple en plaçant l’économie réalisée chaque mois sur un compte d’épargne) alors le taux variable peut être pour vous.

 

Et vous, quel est votre avis ?

12 Comments

  1. Est-ce que ce n’est justement pas le moment de choisir un prêt à taux FIXE?!?

    Les taux variables ne peuvent que remonter et les taux fixes ne peuvent pas descendre plus bas…

    1. Tout à fait, si on prend ça sous un axe mathématique il y a toutes les raisons de choisir le fixe (c’est ce que j’explique d’ailleurs dans l’article).
      En même temps on parle d’un futur par définition inconnu. Qui peut dire qu’aujourd’hui un taux variable ne se révélera pas une excellente affaire au bout de 20 ans ?

      J’ai choisi ce titre parceque la question nous revient souvent, plus encore depuis la chute du LIBOR.
      Peut-être parcequ’un taux en dessous de 1% constitue un produit auquel il est dur de résister ?

      Cet article ne se veut pas une directive dans un sens comme dans l’autre, il présente les avantages et inconvénient de chaque choix.

      Cela me semble primordial.
      Que ce soit un choix personnel ou plus encore quand cela est “dicté” par un banquier ou un courtier, l’emprunteur doit pour prendre sa décision avoir la plupart des éléments en tête.

  2. bonjour,
    La différence entre un taux variable (non capé) et fixe ne justifie pas à elle seule d’opter pour un variable :
    exemple :

    Fixe 3% (beaucoup de marge)
    Variable 1.2 % ( charge faible),

    je me dis que meme si ca monte a 4% et en etant en variable et sur une durée pas longue ca peut le faire d’une maniere globale un taux variable.
    Sans oublier qu’un taux variable est plus avantageux en cas d’Indemnité de Remboursment anticipé
    Merci de votre retour

    1. Vous avez raison cela mérite d’être étudié pour une durée courte.

      Concernant les indemnités de remboursement anticipé (IRA) vous avez également raison cela ne concerne que les prêts à taux fixes et capés.

      Mais les indemnités ne doivent pas constituer un critères plus important qu’il ne l’est en réalité.
      Sur un prêt avec une banque française les IRA sont limités à 6 mois d’intérêts, pour un crédit contracté à 3%, pour un remboursement de 100’000.- cela ne représente “que” 1’500.- de frais. Ce n’est rien par rapport au risque de surcoût d’un taux variable.
      Enfin de plus en plus de banques acceptent de faire des crédits sans IRA.

      Pour rebondir sur votre “même si ça monte à 4%”, je différencierai 2 cas :
      – Si cela rallonge la durée de votre crédit le surcoût peut s’avérer au final très important
      – Si cela rallonge votre mensualité ET que vous avez de quoi y faire face, alors le variable peut se justifier.

  3. Bonjour,

    je me pose une question:

    j’ai pris un crédit immo en 2008. C’est un crédit à taux variable capé (libor chf 3 mois).

    Plus précisément, en 2008 il était à 3.6% capé +1 (c’est à dire 4.6 max) et sans cap inférieur (du coup je ne paie aujourd’hui que la marge la banque et l’assurance).

    Ne serait-il pas interessant de modifier mon crédit pour passer en taux fixe (ils me proposent un taux de 2.8 (assuurance comprise).

    Cordialement,

    1. Bonjour Matthias,

      En effet il serait très intéressant de faire cette opération !
      Vous avez 2 options :

      • négocier ce taux auprès de votre banque, vous n’aurez pas forcément les meilleures conditions du moment, mais vous n’aurez pas de frais
      • négocier ce taux auprès d’une nouvelle banque (rachat de prêt), vous bénéficiez alors des meilleurs conditions du moment, mais il peut y avoir des frais qu’il faudra payer depuis votre épargne

      Selon les conditions l’une ou l’autre de ces options peut s’avérer plus intéressante.

      N’hésitez pas à contacter un spécialiste afin d’avoir des simulations de rachat et mesurer l’économie réalisable : http://pret-devise.com/

  4. “Les taux ne descendront pas plus bas (09/2011)” Mouahahahah !!! (01/2015)

    1. Ha parceque vous avez profité de cette baisse de taux ? Dites moi auprès de quelle banque je suis curieux.

      Le LIBOR était à 0%, il est tombé à -1% la belle affaire, puisque les banques ne répercutent pas les baisses au delà de 0.

      Autrement dit vous aviez un variable du niveau de la marge bancaire, vous avez toujours un variable du niveau de la marge bancaire.

  5. J’attend la réponse de ma banque et je compte bien que la règle de calcul du taux variable soit appliquée ! C’est à dire : LIBOR + MARGE soit un taux effectif négatif ! Rien dans les conditions générales ou particulières ne dispense la banque d’appliquer la formule prévue. C’est bien le principe du taux révisable : le client ET la banque sont soumis à un risque de taux.

    1. Tenez nous informé, la problématique touche de nombreux emprunteurs ayant contracté un emprunt à taux révisable et il semblerait que certains contrats ne prévoient effectivement rien quant au “taux minimum”.

    2. bonjour,
      après insistance j ai reçus une réponse du siège a propos du taux négatif. après une première réponse ou il me dise que le taux plancher est a 0 , et suite a mon mécontentement je vient de recevoir une lettre m informant qu’il allait bien prendre en compte le taux réel négatif dans le calcul. il leurs faut juste du temps pour trouver un informaticien pour refaire les calculs d ici peux.merci le credit qui piquole

  6. Bien entendu ! Je vais communiquer sur cette page : frontalier.moncoachfinance.com/2015/01/actualite/fin-du-taux-plancher-chute-immediate-du-cours-eurchf-8988.html

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